Plus de maturité à la table de négociation svp

Jeudi 1er novembre 2017, le Conseil des employeurs des collèges (CEC) a enfin demandé de retourner à la table de négociation avec les représentants syndicaux. Il est cependant malheureux d’entendre de la part des collèges que la partie syndicale refusait de retourner à la table de négociation alors qu’il s’agissait du contraire. Pour expliquer l’ordre des demandes de négociation, il s’agit de regarder sur la page du CEC et de prendre compte des dates indiquées sur les dépôts de proposition d’entente – (troisième colonne à droite ci-dessous)

Capture d'écran 2017-11-02 13.45.45

                                           Date de l’offre du personnel scolaire = 14 octobre                                              Date de l’offre du l’employeur = 10 octobre

 

Il est important de comprendre que lorsque l’offre des représentants syndicaux a été déposée le 14 octobre, aucune réponse de la part de la partie patronale n’a été présentée, leur dernière offre porte la date du 10 octobre. Ainsi en ce sens, il est normal que la partie syndicale attende la réponse de la partie patronale à l’égard de leur dernière offre. Lorsqu’on laisse les professeurs sortir en grève le 16 octobre 2016, c’est qu’il n’y avait eu aucune contre offre et les employeurs insistaient pour continuer à négocier seulement à partir de leur offre du 10 octobre sans tenir compte des demandes du personnel scolaire des collèges de l’Ontario.

Les demandes de la partie syndicale, (en anglais seulement désolée) 2017UnionFinalOfferForSettlement(20171014), soulignent particulièrement celle que les enseignants à contrats reçoivent le même traitement salarial que leur pairs à temps plein et que le ratio professeurs temps plein et professeurs à temps partiel ou à contrat soit de 50-50, c’est-à-dire égal.

Le refus des collèges à l’égard de cette demande s’appuie sur l’argument suivant : pour atteindre un tel ratio à travers l’ensemble des collèges de l’Ontario, un investissement de 250 000 000 $ serait exigé de la part patronale, ce qui est impossible selon eux. Or, lorsque l’on regarde les sommes utilisées pour payer les présidents de collèges seulement, on constate que celles-ci dépassent de loin les demandes la somme totale demandée par la partie patronale pour offrir un enseignement de qualité à des étudiants qui sont, en ce moment, perdants sur tous les côtés.

salaires des présidents des collèges de l'Ontario

Les étudiants perdent du temps d’apprentissage, perdent de l’argent investit dans leur frais de scolarité, perdent des semaines d’enseignement fautes de professeurs devant la classe et une qualité d’enseignement parce que leur enseignants à contrat ne sont pas rémunérés pour les encadrer en dehors des heures de classe.

Les professeurs à temps plein se sont engagés à travers la grève à faire bouger les collèges pour obtenir un règlement équitable pour leurs collègues à contrat et pour la qualité d’enseignement des étudiants en classe.

L’emploi précaire dure depuis trop longtemps dans les collèges de l’Ontario (voir mon témoignage) et il serait juste pour tous de faire avancer les négociations en ce sens.

Je termine mon billet avec cette pensée :

Ce qui se tient entre notre vie et nous comme un obstacle, c’est nous-mêmes, cet épaississement de nous-mêmes dans nous-mêmes que nous considérons comme une preuve de maturité, une certitude d’existence.

Christian BobinL’éloignement du monde (1993) de

Christian Bobin

Prochainement, je ferai un article sur la liberté académique.

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Lynnda

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