Petites bêtes pas si bêtes

filho aut2017Comme  moi, vous êtes propriétaire de chiens et autres animaux domestiques? Alors vous connaissez comment le bonheur de recevoir une petite bête de poils, le plus souvent en bas âge, comme membre à part entière de la famille, oblitère les autres défis qu’elle sous-tend. Dans mon cas, j’avais jusqu’à il y a deux mois, deux chiens, Missy et Filho, jusqu’au départ de ce dernier en mi-août 2018, et trois cockatiels, Tèti, Peeshee et Coka. Le départ de Filho, aussi appelé The Buddha Dog, (voir aussi Buddha dog 2) a créé bien des remous et j’ai décidé d’écrire ce billet en sa mémoire.

La présence bénéfique d’un animal domestique

Le bien-être qu’apporte une petite boule de poil pour sa famille humaine est extrêmement important. Outre l’apport de l’exercice physique lors des sorties quotidiennes dont elle a besoin pour se développer sainement, l’amour inconditionnel qu’elle donne en nous accueillant chaque jour au retour du travail et les éclats de rire qu’elle entraine lorsqu’elle joue, elle offre également la protection des voleurs (dans mon cas, Filho était le surveillant absolue) lorsqu’elle aboie la nuit pour signaler une présence dans la cours arrière ou devant la maison. Lors des sorties extérieures, la socialisation de l’animal a aussi des bénéfices sur la socialisation de la maîtresse qui entre en contact avec de nouvelles personnes ayant des chiens ou celles voulant profiter d’un chien à caresser le temps d’une minute parce qu’on le trouve mignon et adorable. La bête amie permet, par ailleurs, aux personnes vivant avec différentes complications de santé physique ou mentale de mieux canaliser leurs émotions et de se sentir accompagnées lors de moments plus difficiles. Bien entrainée et certifiée, elle peut même aller jusqu’à sauver la vie de sa maitresse en appuyant sur un bouton d’alarme. Les règlements de certification sont différentes selon les provinces canadiennes, alors il faut s’informer correctement auprès des services concernés.

Les défis
Les défis rencontrés avec la présence d’une animal se présentent sous différentes formes. Parmi les plus importants rencontrés nous retrouvons les responsabilités touchant aussi l’éducation et l’entretien de la maison, les soins à donner aux animaux ainsi que l’alimentation.  Avoir un animal domestique exige beaucoup de temps et d’argent.
Je nomme ici l’entretien supplémentaire dans la maison causé par les poils ou les plumes lors des deux mues saisonnière, l’apprentissage à être propre et à demander la porte pour les besoins excrémenteux, les vomissures à l’occasion, les salissures des murs et des planchers au retour d’une marche sous la pluie, dans la boue et les feuilles mortes des automnes canadiens.  J’allais oublier l’irritation de voir ses chaussures préférées détruites et les bas de murs ou de meubles rongés par l’ennui, sans parler des divans déchirés, signe d’un manque d’exercice ou d’une anxiété de séparation. Si pitou et minou aiment dormir sur les sofas, alors le nettoyage des meubles s’ajoutent en dépense d’énergie!

Les coûts engendrés lorsqu’on décide de prendre un animal domestique ne sont pas à sous-estimer non plus. Les visites annuelles chez le vétérinaire pour les vaccins, les tests sanguins pour la désormais locale maladie de Lyme, les vers du cœur, les médicaments annuels contre ces maladies et les urgences sont obligatoires et créent des coûts importants qu’il ne faut pas négliger.
Dans le cas de mon chien Filho, outre les autres dépenses annuelles habituelles (en moyenne 350$ par année), trois autres visites chez le vétérinaire (nouveau vétérinaire francophone pour mes animaux depuis 2018 – avant j’allais à l’hôpital pour animal sur Saint-Laurent à Ottawa avec un service en anglais) logeant sur le boulevard de la Montagne à Hull m’en a couté 300$ avec les médicaments. Deux visites d’urgence initiale  à la clinique vétérinaire d’Alta Vista à Ottawa m’ont couté 3000$.  Ce dernier montant résulte d’ailleurs d’une négociation des services, tests et médications qu’on voulait donner au chien sans savoir vraiment ce qu’il avait. Dans les deux cas de services vétérinaires, l’assistant vétérinaire m’a demandé de raconter les raisons de ma visite, histoire que j’ai ensuite répétée aux vétérinaires car ils m’ont demandé de raconter les symptômes de mon chien sans pourtant faire son examen physique complet. C’est ainsi que l’occasion de voir que le chien avait subi une morsure profonde sur l’épaule et dans l’œil gauche par un autre chien a été ratée. La blessure a été découverte à la 4e visite seulement et c’est parce que je croyais qu’il développait une autre plaie de type dermatite que l’attention a été portée sur cette blessure. Bref, mon chien Filho est parti un dimanche après-midi en mi-août. Son coeur a arrêté de battre sous ma main. Mon amie K. et moi l’avons accompagné dans son dernier souffle, son dernier voyage terrestre. Aucun des deux centres vétérinaires n’ont fait de suivi avec la santé de mon chien. Tous les résultats de  tests complétés sont revenus négatifs. Dans les deux cas, comme propriétaire de chiens, je ne suis pas satisfaite des services reçus pour le prix payé et je devrai me chercher un nouveau vétérinaire pour 2019. Il va sans dire que les vétérinaires offrent des services qui varient, alors il est valable de magasiner un bon vétérinaire en qui vous aurez confiance, avec qui vous vous sentirez à l’aise de discuter ouvertement et où les prix seront non exorbitants.

Pour vous donner une idée supplémentaire du système vétérinaire canadien, voici les frais indiqués par différents appels placés suite au décès de mon chien. Dans ma recherche d’un lieu de crémation pour le corps de mon chien, j’ai contacté un autre hôpital d’urgence pour animaux, le Animal Emergency and specialty hostipal  qui me chargeait 500$. Une tentative de parler avec le vétérinaire francophone a échoué, le message que j’ai laissé a été peine perdue. Il m’avait parlé initialement de 350$ comme frais de crémation et transport. J’ai finalement trouvé la SPCA de Gatineau où j’ai pu recevoir d’excellents services pour une crémation à moins de 100$ en transportant moi-même le corps de mon chien et où les frais de crémation dépendent du poids de l’animal.

Un autre frais important à considérer c’est la qualité de la nourriture et les à-cotés, gâteries, jouets, etc. La grosseur de la bête vous donnera un indice de la grosseur du sac à vous procurer chez les spécialistes de l’alimentation des animaux domestiques. Ce créneau permet un chiffre d’affaires alléchant puisque, selon Statistique Canada lors de l’enquête sur les dépenses des ménages de 2015, un ménage canadien dépense pour chaque animal une moyenne de 590$ et qu’il existe 8,8 millions de chats et 7,6 millions de chiens dans les foyers canadiens (ACMV, 2018). L’alimentation maison peut être envisagée si vous êtes un bon nutritionniste et savez assurer une alimentation équilibrée pour vos bêtes.

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Le départ précipité

En temps normal, l’animal domestique vivra, on l’espère, le plus longtemps possible tout en s’imaginant mal la vraie fin. Celle-ci peut nous conduire chez le vétérinaire pour une dernière intervention (euthanasie) limitant la souffrance de notre ami malade ou arrivée par accident. Plus l’animal est gros, plus l’espérance de vie est courte. Pour Filho, je me disais qu’il partirait vers l’âge de 11 ans puisqu’il était de grand taille. Missy, de taille moyenne, partira vers 14 ou 15 ans si tout va bien. Mes cockatiels, quant à eux, peuvent vivre juqu’à 40 ans si l’on s’occupe bien d’eux, mais en moyenne 25 ans semblent plus probable.
Dans la réalité, la mort frappe souvent de bien différente façon et lorsqu’elle cogne, elle n’attend pas que vous lui ouvriez la porte : elle précipite le départ d’un animal de manière fulgurante. Quelque soit la grosseur de votre compagnon, la mort laisse pourtant toujours le même vide une fois l’animal parti au paradis des animaux. Le deuil est aussi important dans ce cas et il faut respecter les étapes nécessaires qui aideront à libérer les émotions humaines. D’abord la négation – (je refuse de croire que c’est vrai) puis les émotions : colère, tristesse, incompréhension, ennui, culpabilité. Une fois celles-ci libérées, vient l’étape d’acceptation où graduellement durant les semaines qui suivent, selon son rythme, on accepte le départ et le vide. Dans ma petite histoire du deuil de mon chien, je dois désormais vivre avec un oiseau qui a appris à le nommer. En effet, durant la période où mon chien était malade, mon cockatiel mâle a appris à dire  »Filho ». Depuis, même si Filho est parti, le cockatiel continue de l’appeler par son nom. C’est plus difficile ainsi de l’oublier, mais tout un exploit de lui avoir enseigner un nouveau mot si vite. Enfin, la dernière étape elle celle qui nous mène à penser à adopter un nouveau compagnon à quatre pattes ou à se concentrer sur ceux qui restent dans mon cas.

J’ai eu Filho pendant 8 ans et demi. Il est arrivé chez moi un jour après Noël 2009 alors qu’il s’appelait Scooter; j’ai agi comme foyer d’accueil pour lui les premiers jours parce que comme chien reçu en cadeau à Noël, les propriétaires n’ont pas su quoi faire avec et sont allés le déposer dans un refuge par où je m’adonnais à passer pour y laisser mon chien quelques jours en gardiennage. Une semaine plus tard, je savais qu’il resterait parmi nous et qu’il avait trouver son foyer jusqu’à la fin de sa vie. Vers l’âge de trois mois, j’ai changé son nom pour Filho parce qu’il aimait voler les steaks sur le comptoir et vider la boite de recyclage sur le tapis de la cuisine. Un Filou! que je me disais. Nous avons vécu de belles histories ensemble. Il a eu une bonne vie avec moi et Missy, sa grande sœur. Il va nous manquer. Amen.

 

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