Survivance

Cette série de courts récits fait entrer les lecteurs dans l’univers de la survivance et de ses variantes.

(english version)

Démasqués

Les opprimés savent aussi se manifester – ils sont quelques millier sans masque, adultes ou enfants, victimes de la majorité, des lois gouvernementales dictées, selon eux, à des fins dictatoriales futures, pour contrôler les Humains et leur liberté. Au nom de la liberté, ils envoient des doigts d’honneur au premier ministre sortant et fustige le porteur du message de mots peu courtois. C’est d’une élégance de pauvres qui manquent de mots pour exprimer ses émotions. Pauvre Justin qui reçoit l’empathie d’un public électeur concevant bien que face à ces insultes majeures peu méritées d’une minorité, le parti libéral lutte lui aussi contre ses oppresseurs. Un brin de cynisme à la fois…

Monia

Monia arrive à l’hôpital avec son papa. Il peine à respirer. Il frissonne, fiévreux, son regard est suppliant :  »donner moi de l’oxygène ».
Une journée plus tôt, il revenait du Liban pour déplacements professionnels en passant par Paris, une escale non obligatoire, mais favorite, qui lui permettait, lorsqu’il voyageait en Europe, de prendre quelques moments avec d’autres membres de sa famille, avant de retourner en Amérique. La veille de son départ en début mars, il avait bien quelques sueurs nocturnes; il s’était contenté de se dire qu’il avait de la chance de se réveiller avec un léger mal de gorge et un mal de tête. Rien qu’un comprimé contre la douleur ne pouvait soulager. Puis il s’était rendu en taxi à l’aéroport internationale de Beyrouth. Monia, sa fille et Marie-Laure, sa sœur ainée, l’attendaient à bras ouverts à Orly. Le temps de passer quelques jours en famille et de profiter de la douceur du printemps parisien. Ravid a eu le temps de les embrasser et de se rendre chez elles. Prétextant la fatigue du vol, il a demandé à aller se reposer quelques heures. Le lendemain matin suivant, sa sieste s’était transformée en plusieurs heures de sommeil. Quand Monia a décidé que son père avait assez dormi, quelques coups sans réponse a sa porte de chambre l’ont convaincu que ça n’allait peut-être pas si bien. Elle l’a trouvé inconscient dans son lit, respirant à peine.

Ravid est parti quelques jours plus tard non par vers l’Amérique, mais vers la morgue. Dix jours plus tard, Marie-Laure l’y rejoignait. Tandis que certains survivent, d’autres quittent précocement leur vie.

Deux mètres

J’en rage. Je regarde mon voisin dans la ligne allant au supermarché et je me demande s’il est conscient de sa personne. Il ne garde pas le deux mètres de distance. Il fixe son téléphone, avance machinalement lorsque la personne devant lui fait un pas vers la porte de l’épicerie. Il est hypnotisé à son téléphone. Il porte son masque en bas du nez, pour mieux respirer, j’imagine. Comment lui reprocher de vouloir respirer? Je m’interroge sur la qualité de son masque : les épaisseurs de tissu, sa capacité à respecter ces nouveaux codes sociaux (se laver les mains, se faire tester si des symptômes apparaissent, ne pas cracher dans la face des autres personnes, etc.). C’est le respect de ces codes dont nous devons tenir compte qui nous aidera à protéger les autres et nous-mêmes de ceux qui sont asymptomatiques et déambulent tout de même dans les allées d’avions et les rues de nos villes et villages, sur les plages de nos campagnes. Je maudis ces idiots qui comparent le virus à celui d’une grippe faussement mise en avant comme nouvelle arme bactériologique pour mieux contrôler la liberté des gens et la sainte démocratie du peuple. Je me demande si ce voisin de file est conscient qu’il est peut-être porteur du Covid 19, que toutes les particules d’aérosols sortant de son nez et de sa bouche contribuent à la multiplication de la maladie. Je m’enrage moi-même de ne pas pouvoir me restreindre à rester chez moi, barricader, de devoir sortir pour aller faire des courses, de ne pouvoir visiter les membres de ma famille qu’en passant par Messenger vidéo ou d’aller au parc à chiens en m’isolant dans un coin du parc afin d’éviter toute discussion ou socialisation avec les autres. J’ai beau avoir bien des connaissances, cela n’enlève pas l’humain en moi et sa stupidité qui se nourrit de mes frayeurs. Ce virus a maintenant tué 5 000 000 de personnes à travers le monde. Combien d’autres seront atteints par ce virus? Qui y survivra?

Opprimés

Cette année, j’ai entendu et vu dans les médias que l’oppression avait une couleur toute particulière au Canada et ailleurs. Surtout dans les hôpitaux. Joyce est morte parce qu’elle est amérindienne, mère de plusieurs enfants qu’une infirmière lui reproche d’avoir enfantés. Elle a lutté contre ses oppresseurs, un système médical infantilisant et raciste quand l’occasion fait le larron. Les opprimés vivent peut-être dans la pauvreté économique, dans la pauvreté verbale par manque d’éducation de la langue anglaise ou française ou par manque de respect à leur égard de la part des riches et des éduqués. Les opprimés peuvent aussi venir des lois sociales dictées par les autorités selon les contextes et l’environnement des époques qui construisent les sociétés. Ils sont oubliés sur des territoires qui leur revient par les droits ancestraux, ils sont affichés sur des politiques propagandistes pour obtenir des votes en temps d’élection, ils sont enterrés dans des fosses communes pour qu’on les oublie plus vite, cachés par le silence des autorités ecclésiastiques parce qu’ils n’en valent pas la peine. Les opprimés n’ont pas droit à l’eau courante ni à l’électricité dans un pays où l’abondance se définit par ses barrages hydroélectriques et ses richesses minérales. Peut-être que les opprimés vont un jour éliminer les oppresseurs et ils auront peut-être raison. En attendant, Alpha, Bêta, Lambda, Mu, Delta et tous ceux qui viendront s’ajouter aux vagues virales s’occupent de supprimer tant l’opprimé que l’oppresseur.

Little White Girl – part II

Little white girl II or Feeling black in a white body

How did I come to feeling black inside my white body?

monochrome photo of woman sleeping on ground
Photo de Xi Xi sur Pexels.com

Him – « What’s your name, beautiful one? » says the tall black man meeting the little white girl at the University student coffee shop.

Her – « Why do you want to know my name for? » The question made her feel inconfortable. What came next was even worst.

Him – « Because I love you! »

He seemed sincere yet his answer, for some reasons, felt like a trap.

Her – « But you don’t know me, how can you love me already! » She was used at men starring at her but not so much with this new style at being so flirtatious and direct.

Him – « Quite simple! Because I love the color of your skin! I also love the way you walk with so much determination as if you know exactly where you are going all the time! »

Her – « That does not make sense at all! How about we become friends and i interview you for a radio program i lead with Desjardins at the University Students Radio Station? I want to know about your life in Senegal and how it feels like to land in North America to study : Rimouski instead of New york or Boston must be a shock, no?. »

We started planning the interview and I soon learned that as a recipient of the Francophony Grants, for his master degree, he was not allowed to choose where he wanted to study nor the exact program he wanted to do. He wanted to study vegetal biology but there was no such programs in Rimouski where they sent him. Apparently, the recepients were divided between a certain amount of French Canadian Universities where they could pick up a program that was the closest to what they wanted. Since one has the chance to study in Canada, why argue about the location and the program? So Rimouski, Québec it was going to be for this young man.

I could not imagine what it was like to live on a continent like Africa, or may be just a bit because i had visited Morroco and seen how people in villages in the mountains or country side lived. Traveling on the back of mules, or using camels, they could cross a road no much faster then 10 km per hour, but it was a steady rythm. I had had a sense of the Arabic World, yet this was far from the Black World. Such was my limited thoughs on the subject then.

After a couple of months of more flirtatious behaviours and a kisses stolen one night at a Univeristy party, he asked me to marry him because in his culture, he said, it was not allowed to be involved with a woman without being married.

I had my doubts. Internet did not exist then to ask questions to Mr Google, Siri or Alexa, i could only rely on others who had a better glimpse at these cultures. I asked him if he really was willing to get married for that or because he wanted to have his papers to stay in Canada.

«May be you just need a sponsor and are to shy to ask me directly to sponsor you?» I asked.

He could have not say no to this. Instead, he said : «If this is what you are thinking, you are free to think what you want » How agile of him and poor thinking of me.

I understood that it was the case and married him. This was the start of my life getting transfiguring from being a white woman feeling black inside. The feeling lasted for 25 years so far, even after we got divorce 6 and half years after the civil wedding. This experience gave me a view from inside a black community leaving in a majority white community further north east of Québec City, Rimouski.

What one can do in the name of « LOVE »…

I gave this man the best of myself, of my youth, of my soul, of my intimity and of my culture and ideas. Especially this last one. Although he denied the life we created together by aborting it, he made it clear he was only interested in pursuing his faith for becoming a celebrity as such as his Aunt had predicted him. From my 27th year old high, I told him all about the unicity of French Canadian, the fabric of what make us different from the rest of Canada (ROC). I do write these texts now in English for a reason, dont be fouled by me…

If i have contaminated him with my culture, so did he with his. This marriage was a failure from the begginning as it was based on accessing to papers and to create a family. However i did the best i could to understand how i could weave our cultures to become a happier couple. Of course, the basic was communication, but isn’t it the case for most young couples with no experience in sharing a commun life and space? Today, i concluded the real failure of the common life we had to a lack of enthouiam from him to be part of our team as it needs t obe two to tango.
This is the second rock on my road on the quest of cultural knowledge. Of course, i did not know it then as i had no distance from all that I was living.
From my side, i was a very ambitious woman with dream of traveling and discover the world and a civil status was the less of my worry then! I was told once by a dear Friend, Andrée, the mother of one of my teenage friend, that as a woman, if i wanted to be free it started with money : I needed to become indepent and autonomous without thinking that husband would pay for what i wanted. I thank her today for her shared wisdom. I miss her as well, her advises, her intellectual and curious mind. Of course, my mom was a perfect example of a working woman beeing freer with her money. But this will be an other chapter of my story to come.

Lettre à mon père

Aujourd’hui, papa est mort. Mort et installé au crématorium, mais toujours pleuré par ses enfants.

Tu as été pour moi un père protecteur à ta manière, un père silencieux qui aimait se raconter si je lui posais les bonnes questions, un homme simple, bon enfant, vaillant, loin de la tyrannie de pères de ces pays étrangers qui vivent pour protéger, sauvegarder l’honneur de la famille et qui tuent sans hésitation leurs femmes, leurs filles.

Je ne t’aurai jamais touché plus que lorsque tu étais sur ton lit de mort. Pour une fois, je savais que ta main ne toucherait pas, par inadvertance, une partie intime de mon corps. Tu fais partie de cette génération de ‘mononcle’ aux mains baladeuses qui profite de toutes les échancrures pour y glisser un doigt, une main, du moins c’est ma perception. Celle de mon corps de femme aujourd’hui, mais celui d’enfant autrefois qui se lie à celui de ma mère, à sa défense, aux scènes de vies quotidiennes où tu apparais dans nos vies, à l’occasion de tes retours de séjours dans les camps. Des scènes de cris de haine, de violence à travers les disputes; une claque, un mot, un poing sur la table, un trou dans un mur, chaque geste aussi regrettable qu’il soit, toujours parti trop vite pour atteindre une conjointe, quelqu’un ou quelque chose de près pour signaler la colère et provoquer les révoltes et les souffrances profondes chez l’autre. Si l’honneur était présente, c’était celle qui te collait à la peau, toi, l’homme en besoin de vie charnelle.  Ces mémoires douloureuses d’une époque malheureuse où tu devais te sentir tout aussi désespéré dans ton être que tu noyais dans l’alcool, sont aujourd’hui diluées par le temps et la vieillesse. Cette vieillesse, apaisée par la sobriété et nourrie de ta présence plus régulière auprès de tes enfants, tes petits-enfants, tout en étant éloignée de celle avec qui tu les auras conçus, est maintenant couchée de tout son long sur un lit d’hôpital. Toute blanche, comme les draps, ta jaquette, tes cheveux, ta peau où le sang s’est arrêté de circuler.

Nous étions présents, presque tous là, cinq enfants sur six. Les enfants officiels du moins. Car il est possible que tu ais eu des enfants avec d’autres femmes du village ou des villages des alentours. Rien n’a été déclaré en ce sens jusqu’à maintenant. Toi non plus tu n’avais rien officialisé à ce sujet. J’ai appris que c’est une procédure légale mise en place lors des décès de personnes afin de voir si un autre testament existe, si d’autres familles cachées dans un autre ville ou village ont pu être créées à l’insu de la famille officielle. Personne ne veut parler ouvertement de ces enfants fabriqués dans les lits d’autres femmes, les amantes en panne d’amour, les cœurs esseulés et peut-être abandonnés par la trahison d’une épouse, d’un mari parti en voir une autre. Comment peut-on vivre avec ces secrets? Toi seul le sauras, car tu ne l’auras confié à personne. Et nous, nous attendons la fin de la recherche officielle.

Quand le médecin nous a informé qu’il serait préférable de t’enlever l’oxygène, personne autour de moi, moi incluse, ne semblait comprendre exactement ce que cela voulait dire. Dans ma tête, c’était impossible que mon père nous quitte, lui si grand, si fort et à la fois si silencieux. Les propos du médecin tournaient dans ma tête et engourdissaient mon corps, ces mots savants insensés, sans conclusion sur le mal qui t’habitait. Tu ne pouvais pas mourir puisque tu n’avais pas de maladie, pas de virus ni même un rhume. Ce sera la vieillesse qui aura eu raison de ton corps, de ton souffle, des battements de ton cœur. Nous t’avons accompagné vers la mort, accrochés à ta respiration, aux machines dont les chiffres ont commencé à baisser et à sonner irrégulièrement, puis comme toi, à s’éteindre dans l’éclat de nos larmes exprimant notre douleur.

Tu es le dernier de ta fratrie à quitter le monde des vivants. Ta sœur Alice, partie d’un mal similaire au tien, a quitté un peu plus tôt cette même année. Elle avait 95 ans. Vos départs soulignent la fin d’une génération de personnes ayant connu la vie sans moteur, sans auto, sans voiture électrique, sans télévision, sans Internet, sans robot, sans téléphone fixe à la maison, sans la pilule anticonceptionnelle, sans l’avortement légal, sans l’école obligatoire jusqu’à 16 ans mais les écoles de rang pour le primaire. Ces dernières années, lors de nos rencontres père-fille, tu soulignais l’envol vers l’Au-delà de tes amis du village, de tes beaux-frères, et tentais tant bien que mal de m’expliquer la solitude, le vide que ces adieux forcés créaient autour de toi. Tu sentais s’élever une clôture invisible qui t’isolait des autres vivants alors que tu aurais aimé partir avec tes amis sur le chemin de la mort. La vie n’avait plus de goût, mais tu devais attendre la venue naturelle de la grande faucheuse.

Tu auras mordu dans la vie, couru les bois, connu les différentes essences des arbres et appris les meilleures techniques pour les couper selon leur grosseur et leur hauteur. Tu auras couru le petit gibier et les gros. Les lièvres et les femmes. Elles, tu les aimais toutes, mais n’avais malheureusement de respect pour aucune. Du moins, c’est ce qui me semblait. Aucune sauf peut-être pour celle qui t’aura accueilli dans son foyer, son noyau familial, pour la dernière décennie de ta vie, la cadette de tes enfants.

 

Photographie à la une
Camp de bûcherons à Ferry Bank, Oromocto, N.-B.
Vers 1897, 19e siècle
21.1 x 27.2 cm
Don de George I. Higgins Estate
1964.147L
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Petites bêtes pas si bêtes

filho aut2017Comme  moi, vous êtes propriétaire de chiens et autres animaux domestiques? Alors vous connaissez comment le bonheur de recevoir une petite bête de poils, le plus souvent en bas âge, comme membre à part entière de la famille, oblitère les autres défis qu’elle sous-tend. Dans mon cas, j’avais jusqu’à il y a deux mois, deux chiens, Missy et Filho, jusqu’au départ de ce dernier en mi-août 2018, et trois cockatiels, Tèti, Peeshee et Coka. Le départ de Filho, aussi appelé The Buddha Dog, (voir aussi Buddha dog 2) a créé bien des remous et j’ai décidé d’écrire ce billet en sa mémoire.

La présence bénéfique d’un animal domestique

Le bien-être qu’apporte une petite boule de poil pour sa famille humaine est extrêmement important. Outre l’apport de l’exercice physique lors des sorties quotidiennes dont elle a besoin pour se développer sainement, l’amour inconditionnel qu’elle donne en nous accueillant chaque jour au retour du travail et les éclats de rire qu’elle entraine lorsqu’elle joue, elle offre également la protection des voleurs (dans mon cas, Filho était le surveillant absolue) lorsqu’elle aboie la nuit pour signaler une présence dans la cours arrière ou devant la maison. Lors des sorties extérieures, la socialisation de l’animal a aussi des bénéfices sur la socialisation de la maîtresse qui entre en contact avec de nouvelles personnes ayant des chiens ou celles voulant profiter d’un chien à caresser le temps d’une minute parce qu’on le trouve mignon et adorable. La bête amie permet, par ailleurs, aux personnes vivant avec différentes complications de santé physique ou mentale de mieux canaliser leurs émotions et de se sentir accompagnées lors de moments plus difficiles. Bien entrainée et certifiée, elle peut même aller jusqu’à sauver la vie de sa maitresse en appuyant sur un bouton d’alarme. Les règlements de certification sont différentes selon les provinces canadiennes, alors il faut s’informer correctement auprès des services concernés.

Les défis
Les défis rencontrés avec la présence d’une animal se présentent sous différentes formes. Parmi les plus importants rencontrés nous retrouvons les responsabilités touchant aussi l’éducation et l’entretien de la maison, les soins à donner aux animaux ainsi que l’alimentation.  Avoir un animal domestique exige beaucoup de temps et d’argent.
Je nomme ici l’entretien supplémentaire dans la maison causé par les poils ou les plumes lors des deux mues saisonnière, l’apprentissage à être propre et à demander la porte pour les besoins excrémenteux, les vomissures à l’occasion, les salissures des murs et des planchers au retour d’une marche sous la pluie, dans la boue et les feuilles mortes des automnes canadiens.  J’allais oublier l’irritation de voir ses chaussures préférées détruites et les bas de murs ou de meubles rongés par l’ennui, sans parler des divans déchirés, signe d’un manque d’exercice ou d’une anxiété de séparation. Si pitou et minou aiment dormir sur les sofas, alors le nettoyage des meubles s’ajoutent en dépense d’énergie!

Les coûts engendrés lorsqu’on décide de prendre un animal domestique ne sont pas à sous-estimer non plus. Les visites annuelles chez le vétérinaire pour les vaccins, les tests sanguins pour la désormais locale maladie de Lyme, les vers du cœur, les médicaments annuels contre ces maladies et les urgences sont obligatoires et créent des coûts importants qu’il ne faut pas négliger.
Dans le cas de mon chien Filho, outre les autres dépenses annuelles habituelles (en moyenne 350$ par année), trois autres visites chez le vétérinaire (nouveau vétérinaire francophone pour mes animaux depuis 2018 – avant j’allais à l’hôpital pour animal sur Saint-Laurent à Ottawa avec un service en anglais) logeant sur le boulevard de la Montagne à Hull m’en a couté 300$ avec les médicaments. Deux visites d’urgence initiale  à la clinique vétérinaire d’Alta Vista à Ottawa m’ont couté 3000$.  Ce dernier montant résulte d’ailleurs d’une négociation des services, tests et médications qu’on voulait donner au chien sans savoir vraiment ce qu’il avait. Dans les deux cas de services vétérinaires, l’assistant vétérinaire m’a demandé de raconter les raisons de ma visite, histoire que j’ai ensuite répétée aux vétérinaires car ils m’ont demandé de raconter les symptômes de mon chien sans pourtant faire son examen physique complet. C’est ainsi que l’occasion de voir que le chien avait subi une morsure profonde sur l’épaule et dans l’œil gauche par un autre chien a été ratée. La blessure a été découverte à la 4e visite seulement et c’est parce que je croyais qu’il développait une autre plaie de type dermatite que l’attention a été portée sur cette blessure. Bref, mon chien Filho est parti un dimanche après-midi en mi-août. Son coeur a arrêté de battre sous ma main. Mon amie K. et moi l’avons accompagné dans son dernier souffle, son dernier voyage terrestre. Aucun des deux centres vétérinaires n’ont fait de suivi avec la santé de mon chien. Tous les résultats de  tests complétés sont revenus négatifs. Dans les deux cas, comme propriétaire de chiens, je ne suis pas satisfaite des services reçus pour le prix payé et je devrai me chercher un nouveau vétérinaire pour 2019. Il va sans dire que les vétérinaires offrent des services qui varient, alors il est valable de magasiner un bon vétérinaire en qui vous aurez confiance, avec qui vous vous sentirez à l’aise de discuter ouvertement et où les prix seront non exorbitants.

Pour vous donner une idée supplémentaire du système vétérinaire canadien, voici les frais indiqués par différents appels placés suite au décès de mon chien. Dans ma recherche d’un lieu de crémation pour le corps de mon chien, j’ai contacté un autre hôpital d’urgence pour animaux, le Animal Emergency and specialty hostipal  qui me chargeait 500$. Une tentative de parler avec le vétérinaire francophone a échoué, le message que j’ai laissé a été peine perdue. Il m’avait parlé initialement de 350$ comme frais de crémation et transport. J’ai finalement trouvé la SPCA de Gatineau où j’ai pu recevoir d’excellents services pour une crémation à moins de 100$ en transportant moi-même le corps de mon chien et où les frais de crémation dépendent du poids de l’animal.

Un autre frais important à considérer c’est la qualité de la nourriture et les à-cotés, gâteries, jouets, etc. La grosseur de la bête vous donnera un indice de la grosseur du sac à vous procurer chez les spécialistes de l’alimentation des animaux domestiques. Ce créneau permet un chiffre d’affaires alléchant puisque, selon Statistique Canada lors de l’enquête sur les dépenses des ménages de 2015, un ménage canadien dépense pour chaque animal une moyenne de 590$ et qu’il existe 8,8 millions de chats et 7,6 millions de chiens dans les foyers canadiens (ACMV, 2018). L’alimentation maison peut être envisagée si vous êtes un bon nutritionniste et savez assurer une alimentation équilibrée pour vos bêtes.

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Le départ précipité

En temps normal, l’animal domestique vivra, on l’espère, le plus longtemps possible tout en s’imaginant mal la vraie fin. Celle-ci peut nous conduire chez le vétérinaire pour une dernière intervention (euthanasie) limitant la souffrance de notre ami malade ou arrivée par accident. Plus l’animal est gros, plus l’espérance de vie est courte. Pour Filho, je me disais qu’il partirait vers l’âge de 11 ans puisqu’il était de grand taille. Missy, de taille moyenne, partira vers 14 ou 15 ans si tout va bien. Mes cockatiels, quant à eux, peuvent vivre juqu’à 40 ans si l’on s’occupe bien d’eux, mais en moyenne 25 ans semblent plus probable.
Dans la réalité, la mort frappe souvent de bien différente façon et lorsqu’elle cogne, elle n’attend pas que vous lui ouvriez la porte : elle précipite le départ d’un animal de manière fulgurante. Quelque soit la grosseur de votre compagnon, la mort laisse pourtant toujours le même vide une fois l’animal parti au paradis des animaux. Le deuil est aussi important dans ce cas et il faut respecter les étapes nécessaires qui aideront à libérer les émotions humaines. D’abord la négation – (je refuse de croire que c’est vrai) puis les émotions : colère, tristesse, incompréhension, ennui, culpabilité. Une fois celles-ci libérées, vient l’étape d’acceptation où graduellement durant les semaines qui suivent, selon son rythme, on accepte le départ et le vide. Dans ma petite histoire du deuil de mon chien, je dois désormais vivre avec un oiseau qui a appris à le nommer. En effet, durant la période où mon chien était malade, mon cockatiel mâle a appris à dire  »Filho ». Depuis, même si Filho est parti, le cockatiel continue de l’appeler par son nom. C’est plus difficile ainsi de l’oublier, mais tout un exploit de lui avoir enseigner un nouveau mot si vite. Enfin, la dernière étape elle celle qui nous mène à penser à adopter un nouveau compagnon à quatre pattes ou à se concentrer sur ceux qui restent dans mon cas.

J’ai eu Filho pendant 8 ans et demi. Il est arrivé chez moi un jour après Noël 2009 alors qu’il s’appelait Scooter; j’ai agi comme foyer d’accueil pour lui les premiers jours parce que comme chien reçu en cadeau à Noël, les propriétaires n’ont pas su quoi faire avec et sont allés le déposer dans un refuge par où je m’adonnais à passer pour y laisser mon chien quelques jours en gardiennage. Une semaine plus tard, je savais qu’il resterait parmi nous et qu’il avait trouver son foyer jusqu’à la fin de sa vie. Vers l’âge de trois mois, j’ai changé son nom pour Filho parce qu’il aimait voler les steaks sur le comptoir et vider la boite de recyclage sur le tapis de la cuisine. Un Filou! que je me disais. Nous avons vécu de belles histories ensemble. Il a eu une bonne vie avec moi et Missy, sa grande sœur. Il va nous manquer. Amen.

 

Il était une fois Buda, la montagne Rose, et Pest, sa vallée maison

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Statut de la liberté version hongroise

Lorsque j’étais à Kraków, j’ai rêvé que je m’étais acheté une maison extraordinaire que j’admirais chaque fois que je passais devant. Je voyais cette maison se transformer sous les mains de maître d’un couple dont le mari était le roi. Puis un jour, ce dernier disparu. Son épouse n’ayant aucune idée où il avait pu aller, et fatiguée d’entretenir seule sa maison devenue trop grande pour elle seule, décida de la mettre en vente. C’est à ce moment que j’ai négocié un bon prix et que j’en suis devenue la propriétaire. L’achat s’est fait sans difficulté.

Alors que je visitais les lieux, mes nombreux amis et étudiants (inclus dans mon rêve ) envahissaient l’arrière cour faite de montagnes rocheuses immenses et roses comme le marbre. Tout à coup, un géant est sorti pour nous avertir d’arrêter de faire du bruit, car si nous réveillions son ami, le plus méchant et le gardien des richesses de la montagne, il pouvait nous anéantir de son petit doigt et ne pouvait garantir de notre vie. Sur ces mots, l’autre géant se réveilla et demanda à son frère avec qui il discutait ainsi. Il tenta de sortir de son trou, mais il était trop gros et le trou ne suffisait plus pour laisser passer ses larges épaules. Cependant, ayant été averti et ayant vu le géant, j’en convint de rappeler mes visiteurs et de les ramener à la maison. Tout le monde s’est mis à descendre la montagne, traversa le ruisseau et entra dans la maison de briques/roches roses, tout en bas.

Durant l’aménagement de mon nouvelle environnement, je remarquai que certains objets se déplaçaient seuls en se retrouvant dans une pièce où je ne l’avais pas placé. Certains de mes convives m’en faisaient d’ailleurs la remarque. Un jour que j’étais à l’extérieur dans les immenses jardins entre la montagne et la maison, j’entendis des bruits sourds de briques et pièces de béton qui se décollaient du bas de la maison. Intrigués, les enfants et les moins jeunes sont allés voir ce dont il s’agissait et trouvèrent des mini objets de la maison, dont une tête coupée miniature, des tasses de thé pour enfants, cachés dans les entrailles de la fondation ainsi que des billets en papier blanc pliés, livrant des messages, des indices où pouvait se trouver le mari qui avait disparu.

Je decidai d’employer un constructeur maçon pour replacer les pierres tombées. Justement, la maison voisine en construction engageait un maçon. Celui m’informa qu’il était celui qui avait effectué les travaux sur cette maison et qu’il pouvait me faire un bon prix pour les réparations, car son travail était garanti et s’étonnait d’ailleurs que les pierres aient glissé ainsi. Il m’informa que je devais voir cette incidence comme une porte qui s’ouvre et qu’il me restait à en comprendre le sens.

Et puis je me suis réveillée. Entre deux sommeils, je me disais que c’est tout de même bizarre que des pierres glissent toutes seules et que la fondation cache des messages… Je devais suivre l’incidence pour trouver la résolution du rêve.

La suite du rêve se développa au retour dans les bras de Morphée. Cette fois-ci, je me  retrouvais encore dans la maison mais sous forme de grand navire fantôme. Personne sur le quai, qu’un plancher qui craque, tordu par le mouvement de la vie. Ce bruit m’amena à porter plus attention au plancher et à ses noeuds. C’est alors que je vis des racines séchées dessinées en forme de doigts qui se croisaient les unes vers les autres. À ce moment, je compris qu’en surface les doigts semblaient morts, mais que sous cette surface, la vie attendait d’être libérée. Comme si un mauvais sort avait été jeté au mari disparu, celui ci devait rester cacher et jouer éternellement une mélodie sur un clavecin pour garder les gens vivants sous le plancher et devenait, malgré lui, un geôlier obligé de maintenir sa tâche pour ne pas tuer ces gens. Tel un jeu, je repérai où il se trouvait dans la maison et puis sans bruit, me suis retrouvée derrière lui sans qu’il s’en rendre compte. L’ojectif était d’ailleurs que le sort soit brisé sans qu’il se rendre compte que quelqu’un était en train de le délivrer. Quand il se rendit compte que j’étais là, il me dit, bravo tu as réussi. « C’est enfin fini ».

En levant ses doigts du clavecin, les doigts racines se mirent à bouger et les planches à s’écarter pour laisser s’envoler de nombreuses personnes habillée de manière très colorée. La vie se libérait.

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Maintenant, le lien que je fais entre ce rêve et ma visite à Budapest est que la ville est justement construite d’une montagne, ville de Buda d’un côté, et de vallée (Pest) de l’autre. En faisant le tour de la ville avec le Big Bus hop on hop off, j’ai entendu cette histoire et j’ai compris le sens de mon rêve en l’entendant. L’histoire raconte que les dirigeants et notables habitaient les montagnes de Buda où a été érigé le palais royal au 15e siècle et lorsque ceux-ci traversaient vers Pest pour différentes raisons, dont une reliée à l’enterrements du père du comte Széchenyi, ce dernier s’y senti isolé par les turbulences saisonnières du Danube qui empêchaient de pouvoir effectuer les traversées de Pest vers Buda. C’est ce qui mena le comte Széchenyi à planifier la construction d’un premier pont.

Mon séjour à Budapest s’est complété hier en prenant le train vers Prague. En quittant le quai, j’ai ressenti un serrement au cœur, je me sentais comme la princesse quittant son prince, une longue séparation après de courtes retrouvailles.

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Adieu princesse

Budapest, un conte de fée de mes ancêtres à l’époque Médiévale!

Kraków

Trois jours à Cracovie

Jour 1

La grande confusion des voyages… Raynair, mon premier vol avec cette compagnie m’en a fait voir de toutes les couleurs. Avec un retard de deux heures et trente minutes d’attente supplémentaire sur la piste, plus le temps allait, plus je me disais que j’allais avoir des problèmes à l’arrivée en Pologne.

En effet, la réceptionniste avec qui j’ai échangé pour la réservation m’avait indiqué que leur comptoir fermait à minuit. Mais j’avais encore un brin d’espoir, car j’avais demandé d’arranger un taxi pour venir me chercher à l’aéroport.

Après un atterrissage qui m’a fait littéralement perdre mes lunettes sous le siège de la banquette avant, ma tablette indiquait minuit deux.

Après la cueillette de mon bagage une demi-heure plus tard, je sors de la zone vers rien à déclarer et je vois une jeune fille blonde, 18 and peut-être, avec mon nom sur un carton! Je vais vers elle, elle se présente en anglais, et je crois naïvement qu’il s’agit de quelqu’un de l´hotel’s70 où j’ai loué, deux nuits, un appartement.

Jour 1

En cours de route, je m’en rends bien compte qu’il s’agit de la chauffeuse de taxi, en équipe avec son père, qui me sauve de ma mauvaise aventure. En route on sympathise. Elle me raconte qu’elle veut devenir pilote et est en train de se former comme ingénieure en aviation, 5 ans, 7 peut-être d’étude. Dans ma tête, je me la représente surtout comme mon ange de Cracovie.

Nous arrivons enfin à l’hostel’s70 pour confirmer que la réception est bien fermée. Je règle la course, 20 €. La jeune chauffeuse de taxi croyait pourtant elle aussi que quelqu’un aurait attendu pour m’ouvrir la porte. Elle me demande quel est mon plan B.

-Un autre hôtel?

Elle me conduit au ParkInn, où j’ai payé un bon lit pour me tirer de cette mauvaise histoire et dormir.

Déplacement vers le fameux hostel’s70, j’apprends que l’adresse a changé et que les indications sur Google maps me conduise à une adresse où ne loge pas mon hôtel. Un échange avec une personne en anglais m’apprend que l’hotel est situé de l’autre côté sur l’autre rue.

J’y arrive, frustrée en surface pour leur apprendre à changer cette mauvaise habitude de fermer la porte aux clients qui arrivent après minuit.

Je vois la chambre appartement, absolument rien de pareil à ce que j’ai vu sur la photo, c’est moche, mais la salle de bain est neuve, propre et il y a un séchoir. Je ne l’utilise pas, mais j’ai lu quelque part que c’est la nouvelle tendance en Pologne et je  décide de ne pas faire de chichi. Une nuit pour dormir à pas cher et une autre réservation que je ferai pour la nuit suivante. J’ai décidé de rester pour aller visiter le musée d’Auschwit et Birkenau de l’immonde génocide de 1939-1945. J’irai prier sur les cendres des ancêtres.

Je passe l’après-midi à visiter la vieille ville.e1493eae-a8ae-4db0-96bd-b4aaac22a679.jpeg

En fin d’apres, j’ai décidé d’aller repérer la gare. Sur place, je profite du moment pour questionner le fonctionnement de ma fameuse passe Eurorail qui m’a coûté cher. On m’informe que je dois réserver mes sièges si je veux être assise, sinon, je devrai voyager debout. Je fais donc la file pour mes réservations. J’apprends que pour me rendre à Cluj-Napoca, en Roumanie, il me faudra bcp de déplacement même si c’est de Varsovie. Il ne se trouve aucune place assise pour me rendre à Varsovie, d’ailleurs. J’opte donc pour deux réservations en voyage de nuit : Budapest et Prague. On verra pour la suite.

Jour 3

Visite d’Auschwit-Birkenau – un tour avec SeeKraków.

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Je me lève tard et je transporte mes bagages à la Résidence Kraków, un excellent choix à un excellent prix. Avoir trouvé cet hôtel avant, j’y aurais séjournée pour mes trois jours.

Puis, vers 13 h, je me dirige à l’endroit désigné pour recueillir les touristes en route vers Ocevitw, l’ancien village de Pologne dont la population a été déportée par les Allemands, et ceux qui refusaient, emprisonnés; un parcours de 90 minutes pour s’y rendre. Une visite de 5 h.

Un site qui bouleverse bien sûr.

Retour après beaucoup de marche et 3 h de bus aller-retour. Je retourne à l’hôtel vers 9 h 30 le soir.

Jour 4

Depart vers Budapest en train ce soir. J’ai envoyé des colis par la poste pour alléger mes bagages.

Je suis fatiguée, mon corps souffre de marcher beaucoup chaque jour, mais qu’à cela ne tienne, je me rendrai à la gare en faisant un arrêt à la House of Beer pour me rafraîchir, manger, écrire mon blog.

Mon train décolle ce soir, 22 h 30 environ. Je rêve à Budapest et à ses Thermes qui me feront du bien! Deux jours de repos!

bon voyage !

Inch’allah

Vignoble du Château d'Émeringes vue du clos arrière
Vignoble du Château d’Émeringes vue du clos arrière

Les trois premiers mots que j’ai appris en arabe sont :  »Inch’allah »,   »A salem aléikoum » et  »Alekoum salem ». Ils m’ont ouvert bien des portes et évité des ennuis, sans aucun doute.

En 1992, je quittais Montréal pour me rendre en Europe pour la première fois.  Au début de ma vingtaine, j’avais la tête pleine de rêves et d’ambitions; ma curiosité et mon désir de découvrir le monde étaient géants. Ils me dépassaient de plusieurs têtes et je m’imaginais plus grande que moi-même. Ce premier voyage devait me conduire vers deux actions principales : aller faire les vendanges et aller faire un stage comme marionnettiste à Grenoble au théâtre des trois roses, rue Hector-Berlioz sur les bords de l’Isère, théâtre de marionnettes dirigé alors par André Peter.

Durant ce stage, j’étais supposée aller faire une tournée de spectacles dans les centres culturels français du Maroc et de l’Espagne. Un voyage de rêve pour une jeune femme en quête d’aventures et d’identité. Ce périple aura été une expérience initiatique en quelque sorte à ce que je suis devenue par la suite. Plusieurs histoires abracadabrantes me sont arrivées que je prendrais la peine de raconter en temps et lieu. Poursuivons avec celle-ci.

Mon arrivée à Grenoble avait été devancée de quelques semaines due aux modifications de voyage de la compagnie Air transat avec qui j’avais fait l’entente de voyage et de pré-organisation de placement pour les vendanges. Cette période mérite une histoire en soi que je vous raconterai plus tard, car toutes sortes d’anecdotes me sont arrivées aussi à ce moment-là. Je préfère pour l’instant m’attarder à ma vie sur le vignoble des grands crus du Château d’Émeringes, lieu où je suis finalement arrivée une semaine après être atterrit à Charles de Gaule et avoir pris le train vers Grenoble. Émeringes se trouve dans le département du Rhône. Alors que j’étais débarqué au centre de ce petit coin de pays pour y passer les prochaines trois ou quatre semaines, j’y ai rencontré d’autres vendangeurs, comme moi, venus d’un peu partout, Bretagne, Paris, Allemagne, Madagascar, Italie, Pologne, Tchécoslovaquie, Québec. Dès la gare de Mâcon, Pierre David, le propriétaire du vignoble, est venu cueillir une dizaine de vendangeurs et nous a conduit à son domaine du Château d’Émeringes. Il nous installait dans les dortoirs situés au deuxième étage de la salle de réfectoire, cette dernière serait le lieu des repas bien arrosés du soir et du midi, et du petit-déjeuné. Au fil des jours suivants, d’autres mains d’œuvre vont arriver, certains vont quitter.

Notre tâche de vendangeur allait consister quotidiennement à cueillir les raisins à l’aide d’un petit couteau de forme circulaire appelé serpette et d’avancer dans notre rang de vigne afin de remplir notre panier le plus rapidement possible. Un porteur venait ensuite ramasser notre panier pour le vider dans son panier d’osier plus grand qui lui, une fois plein, allait être vidé à son tour dans la grande cuve de métal. Le plus difficile, lors des premiers jours, a été de vivre avec les douleurs dorsales entraînées par les positions accroupies à maintenir tout en avançant dans les rangs. Il y avait aussi des contre-maîtres qui nous encourageaient à aller plus vite et nous  lançaient des défis. Personnellement, je sais que j’étais parmi les plus rapides et cela m’occasionnait certaines faveurs en variant mon ennuyeux travail de récolter des grappes. En effet, de temps à autre, les contre-maitres m’envoyaient dans la grande cuve de métal pour nettoyer et enlever les mauvais raisins. Ce travail nécessitait une certaine rapidité d’exécution, car les paniers pleins se déversaient à raison d’une dizaine de paniers la demi-heure.

C’est d’ailleurs lors de l’un de ces occasions que j’ai décidé de faire comme j’avais vu à la télévision. J’avais enlevé mes bottes et mes chaussettes, j’avais relevé le bas de mes pantalons et je piétinais les fruits rouges dans une allégresse digne de la scène de la belle blonde du film de Federico Fellini qui, ivre, se baigne dans la fontaine de Trevi. Mon délire dura le temps que l’un des contre-maîtres arrive et m’interdis cette manoeuvre car elle nuisait plutôt à la production du vin. J’ai passé le restant de l’avant-midi les pieds collés dans mes chaussettes à nettoyer les mauvais raisins des bons.

Pendant 17 jours, ni la pluie ni le soleil ardent ne m’empêchaient de marcher vers les vignes et d’en revenir fourbue, sale, maudissant le jour où j’avais décidé de venir travailler à la production de ce noble nectar.

À la pause, de l’avant-midi et celle de l’après-midi, nous avions droits à une collation : du chocolat noir, du vin dilué avec de l’eau et un peu de pain que l’on pouvait tremper dans notre boisson. À certaines occasions, c’était des victuailles de la veille, mais comme j’étais végétarienne à cette époque, je ne me souviens pas de ces mets, sans doute délicieux, de viande et de pâtés.

C’est lors de ces pauses que j’ai commencé à mieux connaître mes camarades de travail et nouer quelques nouvelles amitiés. Comme chacun avait son histoire, on voulait bien se la faire raconter et également se prêter au jeu de dire la sienne. C’est ainsi que j’ai appris mes premiers mots d’arabe.

Lors d’un échange avec le jeune Malgache, je lui racontais que je devais aller au Maroc faire cette tournée comme marionnettiste et lui demandais s’il avait des conseils à me donner. Sa première question a été de me demander avec qui j’allais là-bas, et ma réponse a été aussi rapide :  »je ne le sais pas encore, mais probablement avec le directeur de cette troupe de théâtre. » Il m’a dit,  »Inch’allah, j’espère que tout ira bien pour vous. »

C’était la première fois que j’entendais ce mot. Mon incompréhension pouvait se lire sur mon visage et cela lui a permis d’expliquer le sens de ce mot arabe.
–  »Inch’allah » ça signifie que Dieu est grand ou bien que ce qui doit être fait le soit selon la grâce de Dieu, m’expliqua mon camarade Malgache.
– Est-ce que vous êtes arabe vous aussi? lui avais-je demandé sans retenue. Son teint basané et sa tignasse noir de jais m’avaient fait croire ainsi et poser la question.
– Non, je viens de Madagascar, une île dans l’océan Indien.
– Pourquoi venir ici? Ce n’est pas difficile pour vous de voyager jusqu’ici?
– Je viens travailler et j’ai la nationalité française aussi, à cause de mes parents, car Madagascar avant l’indépendance était un territoire outre mer de la France.
– Ah bon, répondis-je sans trop d’enthousiasme. Indépendance, océan indien, territoire outre-mer, tout cela me laissait perplexe devant le peu de connaissances culturelles que je possédais. Et ce Inchallah, quand est-ce que je dois l’utiliser dans une conversation? m’empressais-je de lui demander à la recherche d’information pratico-pratique.
– Vous l’utiliser à la fin ou au début des phrases que vous dites, ça ouvre ou ça conclut vos discussions.

Le camarade malgache continua avec deux expressions essentielles que je pouvais utiliser lors des salutations locales pour respecter la culture. Je pouvais dire :  »A salem aléikoum » (bonsoir le salut est sur vous) lorsque je rencontrerais quelqu’un et je devais répondre  »alekoum salem » (bonsoir et sur vous le salut) lorsqu’on m’adressait des salutations.

Après quelques répétitions sous la supervision de mon compagnon de la prononciation de ces nouveaux sons dans ma gorge et la transcription dans mon carnet de voyage des mots aussitôt arrivée au réfectoire, je me sentais déjà mieux outillée pour aller traverser le Maroc en portant sur mon dos le castelet et les marionnettes du Théâtre des trois roses. Trois mots déclencheurs de connaissance qui m’ont ouvert sur la culture des autres.

J’ai traversé le Maroc de Tanger vers Tetouan, Oujda, Ouerzazate, Maraketch, Agadir, Essaouira, Safi, El Jadida, Casablanca, Rabat, Meknès, Fès et de retour à Tanger pour reprendre le traversier vers Alicante, Espagne. Le tout en camping 90 % du temps pendant trois semaines. Toute une aventure. Très souvent, je sortais de la tente le matin au son de cloches de chèvres en pâture et sous le regard, qui me semblait éberlué, d’un berger en djellaba brune et en sandales du pays.

En préparation du voyage vers le Maroc, moi et ma co-voyageuse somme arrêtées à Perpignan (France) question de faire des courses pour notre alimentation, nos effets sanitaires et autres détails de voyage. Lors de cet arrêt, j’étais en charge de faire les courses et j’étais à la recherche d’une grande surface pour y faire l’épicerie. J’ai rencontré sur mon chemin un vendeur de couteau aux cheveux blonds bouclés et aux yeux verts. Durant notre échange où il voulait me vendre un de ses fameux couteaux, je l’ai informé tout en refusant sa vente que je cherchais une épicerie et lui fit part de mon voyage au Maroc. Son sourire s’éclaira et il me glissa gentiment qu’il était lui-même d’origine marocaine et que sa famille y habitait encore. Je le saluai alors dans sa langue :  » Salem Aleikoum ». Il me répondit : Aleikoum Salem ». Sur ce, il me conduisit à l’épicerie, car c’était sur son chemin disait-il et cela lui faisait plaisir puisque je visitais son pays. Incha’allah, ce jeune homme a simplifié ma vie ce jour-là, mais aussi un peu plus tard durant mon séjour dans ce merveilleux pays. Cette rencontre vaut un billet en soit, alors je m’arrête pour l’instant ici.

Vous chers lecteurs, avez-vous déjà visité le Maroc? Ou d’autres pays du Maghreb?
J’attends vos commentaires qu’il me fait toujours plaisir de lire.

 

Saving Mom

The visit

Have you ever saved someone’s life before? It hadn’t happened to me until last May.

I drove from Bytown to Murès. Hours within which i stopped at the Canadian kennel in Elfield to drop my two lovely dogs, stopped in Harrisburg at Tim’s to get a coffee and filed up the gas tank and finally hit the road directly on the Highway. Nine hours drive. One stop on the way to get some more gas. The weather was perfect and I enjoyed the wind entering my window. From time to time I was playing with it as my left hand outside was surfing on or resisting to the wind. No music, just the sound of me and the road. Nothing better to meditate, thinking of nothing, looking straight to the yellow line and making sure I am not over passing the speed limits. A smooth ride after all.

I arrived in Murès at 6 h pm and i went directly at my brother in law’s mother since I was to stay in the apartment upstairs that they rent for the family when they come for a visit. I wanted to be sure I had the key to get in. Thirty minutes later, after I put all my stuff inside and thanked my sister’s mother in law, I drove to my mom’s place and took in with me the food for the week. Mostly left over and fresh veggies and fruits bought earlier during the week for myself. I was a bit shaking after so many kilometres of road and speed. A week before, I had decided I was going to travel to see my mom since she could not move out of her place. To much changes of environment for her mean stress and distress . This is what Alzheimer does to human being. And again, I was supposed at first to cut the drive trip in two sleeping over at my sister’s house on the way, because it takes so long and not in my better years of my life. The day before I left Bytown, i called my sister to let her know that I was going to give it a try to drive to mother’s place in one shot, so no sleep over in Villemarie. So glad I did it.

Once in mom’s kitchen, i decided to prepare us a meal, some beluga lentils with rice and some veggies. Mother would help me by stirring the veggies on the skillet but would go back to her rocking chair saying that she was feeling dizzy. That happened  a couple of times. I did not make any comments on it, neither took any action about asking why she would feel dizzy, although this was unusual complains. Julienne, one of her daily guardian, left at 7 pm for her home. Meanwhile, she was telling us some stories of her own and singing some of her own compositions. That made us laugh. Good and funny Julienne. One day I will write one of her story here, it is worth the read.

So, after table was set and we were ready to eat, it was around 7 h 30 at night. Mother was looking more at the lentils and the rice then eating it, taking one bite from time to time, enough to let me think that she did not like the meal I had prepared for us. I told her she did not have to eat it if she did not like the food. She was saying that she liked it and kept trying to eat. Then she says that she felt dizzy. She was laying back to her chair, closed her eyes and suddenly started shaking her hands and upper body. I was in a state of choc. Many questions rushed into my head. What is happening? Heart attack? Epilepsy crisis? What do I do? Then came into my head the publicity of the gentleman having a stroke. I started calling her name :

«Mother? Mother? Can you hear me?»

Nothing was coming from her mouth but the little food she had been eating. It actually looked like she had eaten more food I had first though, then I realize she was also vomiting.

«Dear God, help me!»

What would you have done if you were in my shoes?

I knew i needed an ambulance for her but since i did not know if the 911 emergency number reached the region i was in, i decided to called the only number i had in mind by heart, the one of my sister Joe. I called her, told her to call an ambulance right away because Mother was not fine at all. Without spending more than 15 seconds on the phone to tell her that, i rush to mother and called her name again. No response. Now her false teeth were almost out of her mouth plus the vomiting and her face look as she was in much pain. I got afraid she would choke on all that and decided to give her the first aid care. Even though i have taken three time the First Aid courses in my whole life, i have never been in a situation where i needed to use it before now. I pulled her out of her chair by under her armpits and laying her down on the floor on her side with the proper position. I started to take was ever was left in her mouth to help her breath. some food was coming out but not the false teeth. As i was going to look further with my finger in her mouth, i heard her saying she was feeling better. She wanted to roll over on her back but i ask her gently to not move and that the ambulance were coming to take her to hospital.

«No, not the hospital, i am fine, i don’t need it she says softly» Her face looked greyish, her lips were pale but she still had her bright and scary metal blue eyes looking at me. I told her to not argue with me and that I was not in a position to care for her in this situation and hospital was a must since we did not know what had happened. Then I started saying « Well, if the ambulance is coming from Wolves River, you can die 100 times before the ambulance comes from there». A bad joke, I admit, but a reality, since i did not have any idea how emergency situation were being taking care of in this area.

***

 

Have you updated you First Aid skills lately? Hurry up if you did not and rush to it if you have no idea how to care for someone who is in a serious health distress situation. Follow the link above for Canadian residents and make it your goal for the month.

Do you know who to call in case of emergency? What about the area where you live in ? It is always better to find out before then in a situation like i was in. I was half prepared for that but i have a quick mind and reached for some help. How would you respond in such a situation?

Bazooka

Partie I

Ce soir, en promenant mes chiens le long de l’avenue Bathgate, juste devant le parc Summerhill, j’ai eu un souvenir olfactif ; une odeur d’enfance de sapins baumiers, de bois mouillé, de terre dans les souliers et de bubble gum Bazooka saveur cerise, saveur raisin – des parfums imprégnés dans mon ADN; ça m’a rappelé l’été de mes 10 ans.

De fil en aiguille, d’autres images sont apparues, nettes, fraiches, comme l’odeur du printemps des champs ensemencés et fertilisés au purin de porc, de l’été qui sent bon l’herbe fraichement coupée, le repos et la rivière de mon enfance que l’on appelait la rivière du Pont rouge. Pour arriver à cette rivière, il me fallait descendre la grande côte qui pointait vers le rang Sainte-Anne, berceau de mes premiers cris à la vie. Dès les vacances scolaires arrivées, je descendais cette côte pieds nus, seule ou accompagnée de quelque autre gamin et gamine du village. Je voulais nager comme les grands, je voulais être grande et voyager, me libérer de mon insouciance.Quelques semaines plus tard, les crevasses ne tardaient pas à blesser mes talons, brûlant ma peau douce de petite fille dont les pieds sont desséchés par la chaleur de l’asphalte. Ma mère me rappelait la nécessité de porter des sandales, mais je faisais la sourde oreille et continuait mes promenades et supportait mes petites souffrances.

D’autres souvenirs de parties de cache-cache, de jeu de chat et de souris, de chat-perché ou de de tide, variante traduite littéralement par chat congelé. D’une partie à l’autre, les règles se réinventaient au gré de notre imaginaire. Tantôt, il fallait se glisser par terre et ramper entre les jambes des joueurs figés pour les libérer de leur état de momification ou de statue, car ils avaient été touchés par le prédateur, personne dont la tâche consistait à figer tout le monde pour gagner la partie. Ou encore les personnes qui avaient été touchées devenaient à leur tour des prédateurs. C’était alors plus terrifiant, un peu comme si des Zombies voulaient nous attraper pour nous transformer comme eux! Encore, à plusieurs joueurs, on pouvait encercler le prédateur et l’exciter, le taquiner pour qu’il nous attrape, pendant que quelqu’un d’autre allait délivrer un joueur figer. Un contre tous devenait tous contre un. Ainsi de suite, jusqu’à ce que le prédateur se fâche parce qu’il ne gagnait jamais sauf s’il était plus vieux et plus rapide et qu’il jouait avec de plus jeunes enfants du village. Ce qui arrivait à certaines occasions. Dans la cour d’école primaire, derrière le bâtiment paroissial de l’Organisation des terrains de jeux (O.T.J.) du village des jeux regroupant tous les jeunes, enfants et jeunesses, pour festoyer autour d’activités ludiques pour tous.

J’aimais jouer aux indiens et au cow-boy, j’aimais prendre des gageures.

  • Combien tu gages que je peux me mettre toutes les gommes d’un paquet de bubble gum Bazooka au raisin dans ma bouche et faire une balloune?

Et hop, je déballe – une, deux, trois, quatre, cinq morceaux de gomme d’environ un pouce par un demi-pouce dans ma petite bouche de gamine. Je mâche, je mâche, je salive, j’avale la salive, je mâche et je mâche. Je rigole mi-figue mi-raisin, je vais gagner et recevoir les 50 sous gagés – je suis la meilleure et hop une balloune! Enorme, odorante, collante! Dany la crève avec son index et me remet les deux vingt-cinq cennes et nous recommençons notre jeu favori – la cachette dans la cours d’école de mon village. Dany est venu visiter ses grands-parents pour les vacances de la Saint-Jean en juin juste après la fin de l’année scolaire. Un jeune blond de 11 ans aux yeux vert-bouteille-de-seven-up qui m’a donné mon premier baiser alors qu’on jouait à la cachette barbecue. Après la bulle de gomme au raisin, on est partis se cacher et s’il me trouve il m’embrasse, et si je le trouve je me cache à nouveau! Quelle idée! J’avais la trouille de me laisser trouver, aussi je me dépêchais à le trouver en premier, jusqu’à ce qu’il me surprenne – mon odeur de gomme balloune au raisin m’avait devancée et il m’a trouvé avant que j’ai pu disparaître, il s’est faufiler avec moi dans ma cachette et m’a donné mon premier baiser à la saveur de gomme balloune au raisin 🙂

(Partie II à suivre)

The false promise

May 4th 2015

Art's way of relaxing
Art’s way of relaxing

Before

I had been hoping mother would be travelling with my elder sister when driving back from Murès to Villemarie. My sister Joe had sat mother for the last 7 days in order to give a rest to Julienne since she is the only one able to watch over mother. As i say i was hoping mother would come to Villemarie and i would have fetch her there during last week end. It seemed all perfect for a plan, except that Mom was terrified at the idea of leaving her cats and dog by themselves. Of course, we mentioned her that either Julienne or brother Hebert. could go feed them, but she was just uneasy with the idea, not to say rude. I have called my mom at least 3 times, since three weeks ago, while my brother Luis was there sitting her too, and then at least 4 times last week when it was Joe’s turn. Those last 4 times, we used Skype to communicate. On the phone, mother seemed fine, her tone was happy even though she would keep asking the same question over and over again. But on the visual screen, as she watch me, i keep wondering what she is thinking about, because she is not talking. She just watch me without saying nothing. When Joe is there, i talk with her, mom is beside and then she suddenly disappears out of the screen surface or frame. I asked sister Joe where mother went and her answer is pretty much always the same. She went after her dog or her cats. This is systematically the same affirmation mother does also.

– I have no more cats. All my cats are gone.

And we keep telling her that she has her three cats and that they are just hiding or sleeping somewhere. But she still goes in and out of the house, going upstairs, in the basement, in the garden, repeating the same gesture dozens of time per day.

When mother was brought to the Hospital for her mental evaluation 4 years ago, it became a period of high tension in the whole brother and sisterhood. My brother Hébert, who had been living with her most of his life, had decided to throw away lots of stuff in the house complaining about the fact that there was an epidemic of vermin and flees. So he threw every pieces of furniture of mom’s bedroom and living room, even carpets. And of course we believed him. Father mentioned to me later on that as brother Hébert was cleaning up things, he found out a dead baby cat mummified in a pile of clothes mother had just left there and was used as cats bed. When father was telling that story he seemed to be telling me that this did not made sense and that mother was going crazy with her cats, like how could she have left a dead stinky baby cat there? Well, at some points, there was more than 12 cats in the house and many of the females were pregnant in the summer of 2011. The smell of ammonia and cats excrement was floating in the air of the whole house. Especially upstairs. We discovered later on that the room i have been sleeping in when visiting had dried cat’s poo  hidden under the furniture, not to talk about all the piss that must have also been drying there for decades. No wonder why i became intolerant to this smell now.  I went there in July of that year 2011 in order to meet with Joe and do some cleaning of the house after the  »emptying »  Hébert had done. The girls would clean the whole mess up, of course. That is what women i there for, cleaning after men… But the plan changed because mom arrived in a taxi directly from my Uncle’s city where Luis and Joe had placed her in May 2011 to live with Uncle Clincey after mom was out of the hospital. This was like a choc for the two of us, me and Joe, since this was the last thing we were expecting. I can just imagine the state my mother was in. Crazy mom who paid her drive 250$ to free herself from a situation she was not comfortable with. Not bad a decision for someone with Alzheimer. Overall, that summer was a very difficult one. Hard to recall those painful memories. Many thing happened that i will write in some other Blog entries later on.

So, like i was saying, i had hope that mother was going to be able to travel up to Villamarie then to Bytown, but i was just giving myself some illusions. When talking on Skype with mother last week and asking her how she felt about the possibility of coming to Bytown, she did not really say no, but was worried about the animals. In fact, what i saw was a woman with not much reactions and not being able to focus on the screen. This was my last hope. Then Joe, in one of the last face-talked we had, said that mother was probably not going to travel because it would disrupt her routine and environment and she would possibly become worried and stressed. So instead, i am the one who will be travelling to sit her but for less days that was first planned. I will go next week for 4 days.

A false promise of freedom to mother who used to love to drive along the roads from one village to the other.