Little White Girl

or Is my White Colored Skin a cultural appropriation ?

Part 1

Nowadays we’re having these debates on Cultural appropriation, talking about borrowing from a culture other then ours without asking permission. Questionning also about creating or wearing wigs looking like Caucasian or African hair styles. Fighting about wearing clothes or confectioning them using values and customs from people that usually wears it on their day to day life.  In fact, it’s about a ruling culture stealing from minority cultures their stories, their songs, their dance, their knowledge, their souls to transform them as the prevaling one, for the dominant one, into some other show or wealth that will be seen differently by the public because of their super power. Then if my culture, my wisdom is stolen, what is left?

What is apropriate, what is not? What is culture, what is not? What is freedom?
These are the questions.

What i am about to talk all happened before 1990, some 30 years ago.

IMG_2500I am born white colored skin in a small village in Quebec, Canada. Almost Everyone there are that same white skin beside some First Nation families from second of more generations. After all, this village, created in 1881, is part of the Malecites land and Nation that spread its paths from The Saint-Lawrence River up to New-Brunswick, Fundy Bay, Atlantic.

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Lettre à mon père

Aujourd’hui, papa est mort. Mort et installé au crématorium, mais toujours pleuré par ses enfants.

Tu as été pour moi un père protecteur à ta manière, un père silencieux qui aimait se raconter si je lui posais les bonnes questions, un homme simple, bon enfant, vaillant, loin de la tyrannie de pères de ces pays étrangers qui vivent pour protéger, sauvegarder l’honneur de la famille et qui tuent sans hésitation leurs femmes, leurs filles.

Je ne t’aurai jamais touché plus que lorsque tu étais sur ton lit de mort. Pour une fois, je savais que ta main ne toucherait pas, par inadvertance, une partie intime de mon corps. Tu fais partie de cette génération de ‘mononcle’ aux mains baladeuses qui profite de toutes les échancrures pour y glisser un doigt, une main, du moins c’est ma perception. Celle de mon corps de femme aujourd’hui, mais celui d’enfant autrefois qui se lie à celui de ma mère, à sa défense, aux scènes de vies quotidiennes où tu apparais dans nos vies, à l’occasion de tes retours de séjours dans les camps. Des scènes de cris de haine, de violence à travers les disputes; une claque, un mot, un poing sur la table, un trou dans un mur, chaque geste aussi regrettable qu’il soit, toujours parti trop vite pour atteindre une conjointe, quelqu’un ou quelque chose de près pour signaler la colère et provoquer les révoltes et les souffrances profondes chez l’autre. Si l’honneur était présente, c’était celle qui te collait à la peau, toi, l’homme en besoin de vie charnelle.  Ces mémoires douloureuses d’une époque malheureuse où tu devais te sentir tout aussi désespéré dans ton être que tu noyais dans l’alcool, sont aujourd’hui diluées par le temps et la vieillesse. Cette vieillesse, apaisée par la sobriété et nourrie de ta présence plus régulière auprès de tes enfants, tes petits-enfants, tout en étant éloignée de celle avec qui tu les auras conçus, est maintenant couchée de tout son long sur un lit d’hôpital. Toute blanche, comme les draps, ta jaquette, tes cheveux, ta peau où le sang s’est arrêté de circuler.

Nous étions présents, presque tous là, cinq enfants sur six. Les enfants officiels du moins. Car il est possible que tu ais eu des enfants avec d’autres femmes du village ou des villages des alentours. Rien n’a été déclaré en ce sens jusqu’à maintenant. Toi non plus tu n’avais rien officialisé à ce sujet. J’ai appris que c’est une procédure légale mise en place lors des décès de personnes afin de voir si un autre testament existe, si d’autres familles cachées dans un autre ville ou village ont pu être créées à l’insu de la famille officielle. Personne ne veut parler ouvertement de ces enfants fabriqués dans les lits d’autres femmes, les amantes en panne d’amour, les cœurs esseulés et peut-être abandonnés par la trahison d’une épouse, d’un mari parti en voir une autre. Comment peut-on vivre avec ces secrets? Toi seul le sauras, car tu ne l’auras confié à personne. Et nous, nous attendons la fin de la recherche officielle.

Quand le médecin nous a informé qu’il serait préférable de t’enlever l’oxygène, personne autour de moi, moi incluse, ne semblait comprendre exactement ce que cela voulait dire. Dans ma tête, c’était impossible que mon père nous quitte, lui si grand, si fort et à la fois si silencieux. Les propos du médecin tournaient dans ma tête et engourdissaient mon corps, ces mots savants insensés, sans conclusion sur le mal qui t’habitait. Tu ne pouvais pas mourir puisque tu n’avais pas de maladie, pas de virus ni même un rhume. Ce sera la vieillesse qui aura eu raison de ton corps, de ton souffle, des battements de ton cœur. Nous t’avons accompagné vers la mort, accrochés à ta respiration, aux machines dont les chiffres ont commencé à baisser et à sonner irrégulièrement, puis comme toi, à s’éteindre dans l’éclat de nos larmes exprimant notre douleur.

Tu es le dernier de ta fratrie à quitter le monde des vivants. Ta sœur Alice, partie d’un mal similaire au tien, a quitté un peu plus tôt cette même année. Elle avait 95 ans. Vos départs soulignent la fin d’une génération de personnes ayant connu la vie sans moteur, sans auto, sans voiture électrique, sans télévision, sans Internet, sans robot, sans téléphone fixe à la maison, sans la pilule anticonceptionnelle, sans l’avortement légal, sans l’école obligatoire jusqu’à 16 ans mais les écoles de rang pour le primaire. Ces dernières années, lors de nos rencontres père-fille, tu soulignais l’envol vers l’Au-delà de tes amis du village, de tes beaux-frères, et tentais tant bien que mal de m’expliquer la solitude, le vide que ces adieux forcés créaient autour de toi. Tu sentais s’élever une clôture invisible qui t’isolait des autres vivants alors que tu aurais aimé partir avec tes amis sur le chemin de la mort. La vie n’avait plus de goût, mais tu devais attendre la venue naturelle de la grande faucheuse.

Tu auras mordu dans la vie, couru les bois, connu les différentes essences des arbres et appris les meilleures techniques pour les couper selon leur grosseur et leur hauteur. Tu auras couru le petit gibier et les gros. Les lièvres et les femmes. Elles, tu les aimais toutes, mais n’avais malheureusement de respect pour aucune. Du moins, c’est ce qui me semblait. Aucune sauf peut-être pour celle qui t’aura accueilli dans son foyer, son noyau familial, pour la dernière décennie de ta vie, la cadette de tes enfants.

 

Photographie à la une
Camp de bûcherons à Ferry Bank, Oromocto, N.-B.
Vers 1897, 19e siècle
21.1 x 27.2 cm
Don de George I. Higgins Estate
1964.147L
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Petites bêtes pas si bêtes

filho aut2017Comme  moi, vous êtes propriétaire de chiens et autres animaux domestiques? Alors vous connaissez comment le bonheur de recevoir une petite bête de poils, le plus souvent en bas âge, comme membre à part entière de la famille, oblitère les autres défis qu’elle sous-tend. Dans mon cas, j’avais jusqu’à il y a deux mois, deux chiens, Missy et Filho, jusqu’au départ de ce dernier en mi-août 2018, et trois cockatiels, Tèti, Peeshee et Coka. Le départ de Filho, aussi appelé The Buddha Dog, (voir aussi Buddha dog 2) a créé bien des remous et j’ai décidé d’écrire ce billet en sa mémoire.

La présence bénéfique d’un animal domestique

Le bien-être qu’apporte une petite boule de poil pour sa famille humaine est extrêmement important. Outre l’apport de l’exercice physique lors des sorties quotidiennes dont elle a besoin pour se développer sainement, l’amour inconditionnel qu’elle donne en nous accueillant chaque jour au retour du travail et les éclats de rire qu’elle entraine lorsqu’elle joue, elle offre également la protection des voleurs (dans mon cas, Filho était le surveillant absolue) lorsqu’elle aboie la nuit pour signaler une présence dans la cours arrière ou devant la maison. Lors des sorties extérieures, la socialisation de l’animal a aussi des bénéfices sur la socialisation de la maîtresse qui entre en contact avec de nouvelles personnes ayant des chiens ou celles voulant profiter d’un chien à caresser le temps d’une minute parce qu’on le trouve mignon et adorable. La bête amie permet, par ailleurs, aux personnes vivant avec différentes complications de santé physique ou mentale de mieux canaliser leurs émotions et de se sentir accompagnées lors de moments plus difficiles. Bien entrainée et certifiée, elle peut même aller jusqu’à sauver la vie de sa maitresse en appuyant sur un bouton d’alarme. Les règlements de certification sont différentes selon les provinces canadiennes, alors il faut s’informer correctement auprès des services concernés.

Les défis
Les défis rencontrés avec la présence d’une animal se présentent sous différentes formes. Parmi les plus importants rencontrés nous retrouvons les responsabilités touchant aussi l’éducation et l’entretien de la maison, les soins à donner aux animaux ainsi que l’alimentation.  Avoir un animal domestique exige beaucoup de temps et d’argent.
Je nomme ici l’entretien supplémentaire dans la maison causé par les poils ou les plumes lors des deux mues saisonnière, l’apprentissage à être propre et à demander la porte pour les besoins excrémenteux, les vomissures à l’occasion, les salissures des murs et des planchers au retour d’une marche sous la pluie, dans la boue et les feuilles mortes des automnes canadiens.  J’allais oublier l’irritation de voir ses chaussures préférées détruites et les bas de murs ou de meubles rongés par l’ennui, sans parler des divans déchirés, signe d’un manque d’exercice ou d’une anxiété de séparation. Si pitou et minou aiment dormir sur les sofas, alors le nettoyage des meubles s’ajoutent en dépense d’énergie!

Les coûts engendrés lorsqu’on décide de prendre un animal domestique ne sont pas à sous-estimer non plus. Les visites annuelles chez le vétérinaire pour les vaccins, les tests sanguins pour la désormais locale maladie de Lyme, les vers du cœur, les médicaments annuels contre ces maladies et les urgences sont obligatoires et créent des coûts importants qu’il ne faut pas négliger.
Dans le cas de mon chien Filho, outre les autres dépenses annuelles habituelles (en moyenne 350$ par année), trois autres visites chez le vétérinaire (nouveau vétérinaire francophone pour mes animaux depuis 2018 – avant j’allais à l’hôpital pour animal sur Saint-Laurent à Ottawa avec un service en anglais) logeant sur le boulevard de la Montagne à Hull m’en a couté 300$ avec les médicaments. Deux visites d’urgence initiale  à la clinique vétérinaire d’Alta Vista à Ottawa m’ont couté 3000$.  Ce dernier montant résulte d’ailleurs d’une négociation des services, tests et médications qu’on voulait donner au chien sans savoir vraiment ce qu’il avait. Dans les deux cas de services vétérinaires, l’assistant vétérinaire m’a demandé de raconter les raisons de ma visite, histoire que j’ai ensuite répétée aux vétérinaires car ils m’ont demandé de raconter les symptômes de mon chien sans pourtant faire son examen physique complet. C’est ainsi que l’occasion de voir que le chien avait subi une morsure profonde sur l’épaule et dans l’œil gauche par un autre chien a été ratée. La blessure a été découverte à la 4e visite seulement et c’est parce que je croyais qu’il développait une autre plaie de type dermatite que l’attention a été portée sur cette blessure. Bref, mon chien Filho est parti un dimanche après-midi en mi-août. Son coeur a arrêté de battre sous ma main. Mon amie K. et moi l’avons accompagné dans son dernier souffle, son dernier voyage terrestre. Aucun des deux centres vétérinaires n’ont fait de suivi avec la santé de mon chien. Tous les résultats de  tests complétés sont revenus négatifs. Dans les deux cas, comme propriétaire de chiens, je ne suis pas satisfaite des services reçus pour le prix payé et je devrai me chercher un nouveau vétérinaire pour 2019. Il va sans dire que les vétérinaires offrent des services qui varient, alors il est valable de magasiner un bon vétérinaire en qui vous aurez confiance, avec qui vous vous sentirez à l’aise de discuter ouvertement et où les prix seront non exorbitants.

Pour vous donner une idée supplémentaire du système vétérinaire canadien, voici les frais indiqués par différents appels placés suite au décès de mon chien. Dans ma recherche d’un lieu de crémation pour le corps de mon chien, j’ai contacté un autre hôpital d’urgence pour animaux, le Animal Emergency and specialty hostipal  qui me chargeait 500$. Une tentative de parler avec le vétérinaire francophone a échoué, le message que j’ai laissé a été peine perdue. Il m’avait parlé initialement de 350$ comme frais de crémation et transport. J’ai finalement trouvé la SPCA de Gatineau où j’ai pu recevoir d’excellents services pour une crémation à moins de 100$ en transportant moi-même le corps de mon chien et où les frais de crémation dépendent du poids de l’animal.

Un autre frais important à considérer c’est la qualité de la nourriture et les à-cotés, gâteries, jouets, etc. La grosseur de la bête vous donnera un indice de la grosseur du sac à vous procurer chez les spécialistes de l’alimentation des animaux domestiques. Ce créneau permet un chiffre d’affaires alléchant puisque, selon Statistique Canada lors de l’enquête sur les dépenses des ménages de 2015, un ménage canadien dépense pour chaque animal une moyenne de 590$ et qu’il existe 8,8 millions de chats et 7,6 millions de chiens dans les foyers canadiens (ACMV, 2018). L’alimentation maison peut être envisagée si vous êtes un bon nutritionniste et savez assurer une alimentation équilibrée pour vos bêtes.

01163cfaad191866b1b63e0c013e79c85a7dd781f1 Art's way of relaxing 019012f20cf92f3c80af8317605264e8a0435e0374 IMG_4831 01533cf93837e8620ad28ec457f114af0f954f0358

Le départ précipité

En temps normal, l’animal domestique vivra, on l’espère, le plus longtemps possible tout en s’imaginant mal la vraie fin. Celle-ci peut nous conduire chez le vétérinaire pour une dernière intervention (euthanasie) limitant la souffrance de notre ami malade ou arrivée par accident. Plus l’animal est gros, plus l’espérance de vie est courte. Pour Filho, je me disais qu’il partirait vers l’âge de 11 ans puisqu’il était de grand taille. Missy, de taille moyenne, partira vers 14 ou 15 ans si tout va bien. Mes cockatiels, quant à eux, peuvent vivre juqu’à 40 ans si l’on s’occupe bien d’eux, mais en moyenne 25 ans semblent plus probable.
Dans la réalité, la mort frappe souvent de bien différente façon et lorsqu’elle cogne, elle n’attend pas que vous lui ouvriez la porte : elle précipite le départ d’un animal de manière fulgurante. Quelque soit la grosseur de votre compagnon, la mort laisse pourtant toujours le même vide une fois l’animal parti au paradis des animaux. Le deuil est aussi important dans ce cas et il faut respecter les étapes nécessaires qui aideront à libérer les émotions humaines. D’abord la négation – (je refuse de croire que c’est vrai) puis les émotions : colère, tristesse, incompréhension, ennui, culpabilité. Une fois celles-ci libérées, vient l’étape d’acceptation où graduellement durant les semaines qui suivent, selon son rythme, on accepte le départ et le vide. Dans ma petite histoire du deuil de mon chien, je dois désormais vivre avec un oiseau qui a appris à le nommer. En effet, durant la période où mon chien était malade, mon cockatiel mâle a appris à dire  »Filho ». Depuis, même si Filho est parti, le cockatiel continue de l’appeler par son nom. C’est plus difficile ainsi de l’oublier, mais tout un exploit de lui avoir enseigner un nouveau mot si vite. Enfin, la dernière étape elle celle qui nous mène à penser à adopter un nouveau compagnon à quatre pattes ou à se concentrer sur ceux qui restent dans mon cas.

J’ai eu Filho pendant 8 ans et demi. Il est arrivé chez moi un jour après Noël 2009 alors qu’il s’appelait Scooter; j’ai agi comme foyer d’accueil pour lui les premiers jours parce que comme chien reçu en cadeau à Noël, les propriétaires n’ont pas su quoi faire avec et sont allés le déposer dans un refuge par où je m’adonnais à passer pour y laisser mon chien quelques jours en gardiennage. Une semaine plus tard, je savais qu’il resterait parmi nous et qu’il avait trouver son foyer jusqu’à la fin de sa vie. Vers l’âge de trois mois, j’ai changé son nom pour Filho parce qu’il aimait voler les steaks sur le comptoir et vider la boite de recyclage sur le tapis de la cuisine. Un Filou! que je me disais. Nous avons vécu de belles histories ensemble. Il a eu une bonne vie avec moi et Missy, sa grande sœur. Il va nous manquer. Amen.

 

Des loups et des femmes

La terre est grande. Bon, ça dépend du point de vue; celui de la fourmi au travail ou du loup à la recherche de proies à dévorer, de la chauffeuse de camion lourd qui parcourt les Amériques tous les mois ou celui de l’astrophysicien qui scrute tous les recoins de l’Univers à l’aide de ses télescopes.

Néanmoins, selon les derniers chiffres du Bureau de recensement américain (6 mars, 2018), la petite planète bleue héberge près de 7 milliards 500 millions d’humains, mais à peu près l’équivalent de femmes (49,6%) et d’homme (50,4%) selon l’Organisation des Nations Unies (2017). Comme le genre masculin tend à mourir davantage à la naissance et à vivre moins vieux que les femmes, on peut considérer que la nature à créer une équité en nombre des deux genres cohabitant cette planète. Pourtant, les statistiques deviennent moins gaies quand on regarde du côté de l’éducation, de la violence, de l’abus et de l’économie.

Analphabétisme et éducation

Les statistiques sur la disparité des genres quant à l’éducation et à l’accès aux connaissances ne semblent guère réjouissantes. Selon l’UNESCO, il existe  774 millions d’adultes analphabètes dans le monde; 67% sont  des femmes. Et cette proportion est Lire la suite « Des loups et des femmes »

The last day/Le dernier jour

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Aujourd’hui, alors que 2017 tire sa révérence pour laisser 2018 entrer avec son panache polaire (du moins pour le Canada), je vous réserve, chers lecteurs et lectrices, ce dernier billet de l’année à paraître sur mon blogue. Oui, juste pour vous. /Today, as 2017 is getting out of the way leaving 2018 the whole space to expand and explose (in Polar coldness in Canada!), I ‘ve decide to write for you this special last BlogEntry. Yes, just for you. Lire la suite « The last day/Le dernier jour »

Fêtes 2015

noel sans visage2015J’ai téléphoné Mère la semaine dernière, quelques jours avant Noël. Tout allait bien dans notre conversation où je lui racontais comment se passait ma fin de semestre au travail avec les corrections, les réunions d’évaluation des notes finales des étudiants et la préparation pour le prochain semestre. Elle écoutait sagement mes lamentations de professeur, puis après quelques instants de silence de sa part et où je lui demande si elle est encore là, elle me demanda, « est-ce que tu enseignes encore? » Tristement, je lui réponds que bien sûr, j’enseignais encore et que tout allait bien de ce côté-là. Comme j’allais raccrocher et lui offrir mes salutations finales, elle me posa une drôle de question. Lire la suite « Fêtes 2015 »

Lettre à ma mère pour ses quatre-vingt ans

Chère maman,

On n’a pas tous les jours 20 ans, imagine quand on multiplie par quatre?

Quand je pense à toi, je t’imagine dans ta jeunesse en train de danser le two step dans les bras de jeunes admirateurs, la samba et le cha-cha avec ta jeune sœur Denise admirant ton savoir, folle de désir de surpasser ta souplesse et ton sens du rythme.

Encore aujourd’hui, à ma demande, tu réussis à faire quelques pas de gigue dans la cuisine et rigoler avec fierté de ta capacité à pouvoir, encore, sautiller comme à tes 20 ans. « Tu vois comme je peux encore danser?»

Mother/Mère
Mother/Mère

Je me rappelle les histoires que tu me racontais de ton enfance et de ton adolescence; les coups pendables que tu organisais avec tes frères pour taquiner ta sœur Pauline ou encore pour te sauver de la surveillance parentale afin d’aller patiner sur le ring de glace et avoir le plaisir du vent glacial rougir tes joues adolescentes. Tes récits ont construit mon imaginaire et m’ont incité à développer ma créativité.

Malgré les défis que la vie t’a fait rencontrer, souvent seule, tu as su élever tes six enfants au meilleur de ta capacité, dans la dignité et l’espoir de jours meilleurs. Au diable les ragots des voisins; leurs mauvaises langues de vipères ne valaient rien en comparaison à l’amour que tu avais et a encore pour ta descendance. À la sueur de ton front, tu as travaillé tard dans la nuit pour assurer une vie décente à tes proches. Ton mariage malheureux ne t’a pas empêché de chercher le bonheur lorsqu’il était possible et de le trouver à ta façon.

Épouse, femme, mère, collègue de travail et amie, tu as toujours su trouver le souffle nécessaire pour guider ceux sur ton chemin qui cherchaient tes conseils. Pionnière à bien des égards pour le rôle des femmes dans la petite communauté où tu as évolué, que ce soit pour le travail hors foyer, la prise de parole pour défendre tes droits et ceux des plus infortunés, l’affrontement des commérages face au divorce, tu as courageusement poursuivi ta route, la tête haute. Tu es une femme brave et un modèle de courage, de dévotion.

Pour moi, je sais que tes bras ont bercé mes nuits insomniaques et fiévreuses, cajolé mon corps et l’ont protégé contre le froid;

Que ta voix a rassuré mes peurs et éloigné mes larmes en me chantant les vieilles mélodies d’antan;

Que tes gestes m’ont enseigné une ligne droite et une ligne courbe; celle pour avancer et celle pour me défendre;

Que ton humour a teinté mes journées sombres; tes paroles ont su tissé le meilleur de ma personne et m’aider à regarder devant.

Aujourd’hui ta mémoire vacille dans le néant; quelques bribes de ta vie demeurent encore intact : tu te souviens de nos noms, celui de tes six enfants, et c’est ce qui compte. Moi je me souviens pour toi de ta vie bien accomplie, de ta créativité, de ta bravoure et de ta force de caractère. Lors de l’une de nos récentes conversations où je te rappelais l’approche de ton anniversaire et des quatre-vingt années que tu allais atteindre, tu étais enchantée d’avoir cet âge. Je t’ai alors demandé jusqu’à quel âge tu avais l’intention de vivre.

« Moi, je vivrai au moins jusqu’à 100 ans! »

Bonne fête maman, que tes 80 ans soient lumineux!

Ta fille qui t’aime

Alzheimer

April 4th, 2015
Holy Saturday

I just called Mother for a little chat and see if by any chance I could get some information on Louise, one of her guardian, friend and neighbour who has been admitted to hospital a week ago. She has full-blown cancer and six months to live. When I saw mother could not say any more last news about her friend, I decided not to ask any more question about the topic, even to the other guardian of Mother, Julienne, because a couple of days ago when I talked to her on the phone, she was crying as I was trying to start the conversation about that subject in order to know what was happening.
Mother needs guardians at home to supervise her as she does not always remember many things from one minute to the other one. She has Alzheimer. It all started fours years ago, with one of my brother and sister-in-law deciding to get mother in a Psychiatric department of the Hospital in Wolfe River for a mental health evaluation (MHE). In my opinion, she has probably been living with that disease for a while. I would say it started at least ten years ago when she started to adopt cats.

As we started the phone conversation, I asked her if she knew who was talking to her. She answered the phone herself and was quite enthusiastic, not being surprise to hear me and talking like we were very good friends. She said,  Yes of course I know who you are, you are my daughter. I was happy that she could still remember my voice and my name. I asked her how she was today on this special day of Easter. She was then surprise to hear that April had already made it and asked me to hold on a minute as she goes to the wall where the calendar is officially pined and turned the page from March to April.

– And which day are we?
– Saturday the forth, Mother.
– The Forth, already?
– Yes, and Easters is tomorrow, do i confirm her altogether.
– Easters, Easters, yes, Easters.

She then changed subject and started talking about one of her cat that is similar to some other one.

Art meditating
Art meditating

Mother love cats. She used to have more than a dozen of them. Her house was some kind of a Cat rescue resource, but instead of giving them away, she was caring for them. This is my Mother’s life story : caring for others, may it be cats or human beings. From my point of view, the cats stories is linked with the beginning of her memory lost and Alzheimer.  She was adopting any cats coming her way. Even people from other villages around were dropping cats in front of mother’s house, knowing she would care for them. At the end, She had cats all over the house and could not maintain the cleanliness of where she was living. The smell of cats’ excrement was more than I could support myself and she started getting mad at me because I was complaining about it arguing that is was bad for my health as much as for hers. To revenge herself, mother was insulting me by saying that because I was living in the city, I had become some kind of a Princess – know – it – all, and that her, because she was an old  poor woman who had been growing up in a pig house, would always be living in one. She was exaggerating in order to hurt me because I had somehow hurt her. This is the mean mother, but she is not always like that. This is around in 2002.

So after that, my visits to her became scarcely. Every time I would try to go and get some good moments with her, trying to help her because she was complaining about the fact that she needed help with washing her kitchen and getting right of all the old clothes she had, it would end up in fights and arguing about her not willing to let me do what she first asked me come for : helping her to clean her house. If i was not arguing with her, it would be with my brother who had been living with her most of his life. Because of all this, had I plan to stay for a week visit would be cut short for a two days one.

Today, she was insisting on telling me on the phone that she had a picture of a cat sticking on the fridge and that she had one just like that. When i asked her which cat it was, she could not tell. This is when I can tell that things are not going to well on her side. She has now three cats that she cherishes more that her own kids and grand kids. She loves them and gets upset if one of them goes outside of her house. So I asked her to describe me the picture of the cat she was seeing in order to see how were her perceptions of the picture and if she was going to be able to do it. I also wanted to know which cat she was talking about. So i asked her to describe the image she was seeing.
– It has a black line on its back and some black stripes on the sides as well, she says.
– Ok and what is the other colour that is not black?, was I asking her.
– Gray, it’s all Gray with black stripes.
– I see mother, so what is the name of that cat? i kept asking her.
– I don’t remember,  no more emotion than the fact that she just did not remember.
– Ok, so how many cats do you have? Have I continued.
But she keeps silent for a while, which i interpreted for « i don’t know ». I gave her the answer and started with some kind of a clue game to help her.

– So you have three cats, one of the cat has not tail, and its name start with A.

– Art! That’s Art, yes, he has no tail and likes to play all the time.
– Very good, yes that’s it. Another one’s name starts with C. it is a female cat with three colours : white with spots of black and orange. Mother kept silent once more. I add some other clues. Its name starts with a C + and o. I realized she might not be able to remember the sound of those two letters together so i say,« C +o is  Co »…
As soon as i say the sound syllable /ko/ she kept moving with the whole name :  « Cocotte  » said Mother.
– Yes, I repeated, yes it is Cocotte. I was happy she did remember this one too.
– Now what is the name of your third cat? It starts with V add i and r – it sounds like Vir…!
– Virule? Julienne in the background repeated loudly « Virgule » but mother did not hear it and she kept repeating over and over « Virule, Virule ».
– Almost, its name is Virgule, I told her. Now, this picture you have on your fridge, which cat looks like it?
– Virgule, she says, he is a big gray cat with black stripes and a long tail.
– Great Mother, you did good!

I ended the call soon after pretty happy of myself and of my Mother’s memory.

However, when i told that story to brother Luis, he said he was the one who had brought the article about obese cats and put in on the fridge, but the picture looked like Art, not Virgule.

Keep trying Mother. The exercise was worth it. It made me happy and is part of good memories I am keeping of us and of our conversations. I am actually writing these blog entries in order to remember her, us, the stories of our family. Because I know this is a life with fast pace and I am holding to those last years like only written words can.

Saving Mom

The visit

Have you ever saved someone’s life before? It hadn’t happened to me until last May.

I drove from Bytown to Murès. Hours within which i stopped at the Canadian kennel in Elfield to drop my two lovely dogs, stopped in Harrisburg at Tim’s to get a coffee and filed up the gas tank and finally hit the road directly on the Highway. Nine hours drive. One stop on the way to get some more gas. The weather was perfect and I enjoyed the wind entering my window. From time to time I was playing with it as my left hand outside was surfing on or resisting to the wind. No music, just the sound of me and the road. Nothing better to meditate, thinking of nothing, looking straight to the yellow line and making sure I am not over passing the speed limits. A smooth ride after all.

I arrived in Murès at 6 h pm and i went directly at my brother in law’s mother since I was to stay in the apartment upstairs that they rent for the family when they come for a visit. I wanted to be sure I had the key to get in. Thirty minutes later, after I put all my stuff inside and thanked my sister’s mother in law, I drove to my mom’s place and took in with me the food for the week. Mostly left over and fresh veggies and fruits bought earlier during the week for myself. I was a bit shaking after so many kilometres of road and speed. A week before, I had decided I was going to travel to see my mom since she could not move out of her place. To much changes of environment for her mean stress and distress . This is what Alzheimer does to human being. And again, I was supposed at first to cut the drive trip in two sleeping over at my sister’s house on the way, because it takes so long and not in my better years of my life. The day before I left Bytown, i called my sister to let her know that I was going to give it a try to drive to mother’s place in one shot, so no sleep over in Villemarie. So glad I did it.

Once in mom’s kitchen, i decided to prepare us a meal, some beluga lentils with rice and some veggies. Mother would help me by stirring the veggies on the skillet but would go back to her rocking chair saying that she was feeling dizzy. That happened  a couple of times. I did not make any comments on it, neither took any action about asking why she would feel dizzy, although this was unusual complains. Julienne, one of her daily guardian, left at 7 pm for her home. Meanwhile, she was telling us some stories of her own and singing some of her own compositions. That made us laugh. Good and funny Julienne. One day I will write one of her story here, it is worth the read.

So, after table was set and we were ready to eat, it was around 7 h 30 at night. Mother was looking more at the lentils and the rice then eating it, taking one bite from time to time, enough to let me think that she did not like the meal I had prepared for us. I told her she did not have to eat it if she did not like the food. She was saying that she liked it and kept trying to eat. Then she says that she felt dizzy. She was laying back to her chair, closed her eyes and suddenly started shaking her hands and upper body. I was in a state of choc. Many questions rushed into my head. What is happening? Heart attack? Epilepsy crisis? What do I do? Then came into my head the publicity of the gentleman having a stroke. I started calling her name :

«Mother? Mother? Can you hear me?»

Nothing was coming from her mouth but the little food she had been eating. It actually looked like she had eaten more food I had first though, then I realize she was also vomiting.

«Dear God, help me!»

What would you have done if you were in my shoes?

I knew i needed an ambulance for her but since i did not know if the 911 emergency number reached the region i was in, i decided to called the only number i had in mind by heart, the one of my sister Joe. I called her, told her to call an ambulance right away because Mother was not fine at all. Without spending more than 15 seconds on the phone to tell her that, i rush to mother and called her name again. No response. Now her false teeth were almost out of her mouth plus the vomiting and her face look as she was in much pain. I got afraid she would choke on all that and decided to give her the first aid care. Even though i have taken three time the First Aid courses in my whole life, i have never been in a situation where i needed to use it before now. I pulled her out of her chair by under her armpits and laying her down on the floor on her side with the proper position. I started to take was ever was left in her mouth to help her breath. some food was coming out but not the false teeth. As i was going to look further with my finger in her mouth, i heard her saying she was feeling better. She wanted to roll over on her back but i ask her gently to not move and that the ambulance were coming to take her to hospital.

«No, not the hospital, i am fine, i don’t need it she says softly» Her face looked greyish, her lips were pale but she still had her bright and scary metal blue eyes looking at me. I told her to not argue with me and that I was not in a position to care for her in this situation and hospital was a must since we did not know what had happened. Then I started saying « Well, if the ambulance is coming from Wolves River, you can die 100 times before the ambulance comes from there». A bad joke, I admit, but a reality, since i did not have any idea how emergency situation were being taking care of in this area.

***

 

Have you updated you First Aid skills lately? Hurry up if you did not and rush to it if you have no idea how to care for someone who is in a serious health distress situation. Follow the link above for Canadian residents and make it your goal for the month.

Do you know who to call in case of emergency? What about the area where you live in ? It is always better to find out before then in a situation like i was in. I was half prepared for that but i have a quick mind and reached for some help. How would you respond in such a situation?

The false promise

May 4th 2015

Art's way of relaxing
Art’s way of relaxing

Before

I had been hoping mother would be travelling with my elder sister when driving back from Murès to Villemarie. My sister Joe had sat mother for the last 7 days in order to give a rest to Julienne since she is the only one able to watch over mother. As i say i was hoping mother would come to Villemarie and i would have fetch her there during last week end. It seemed all perfect for a plan, except that Mom was terrified at the idea of leaving her cats and dog by themselves. Of course, we mentioned her that either Julienne or brother Hebert. could go feed them, but she was just uneasy with the idea, not to say rude. I have called my mom at least 3 times, since three weeks ago, while my brother Luis was there sitting her too, and then at least 4 times last week when it was Joe’s turn. Those last 4 times, we used Skype to communicate. On the phone, mother seemed fine, her tone was happy even though she would keep asking the same question over and over again. But on the visual screen, as she watch me, i keep wondering what she is thinking about, because she is not talking. She just watch me without saying nothing. When Joe is there, i talk with her, mom is beside and then she suddenly disappears out of the screen surface or frame. I asked sister Joe where mother went and her answer is pretty much always the same. She went after her dog or her cats. This is systematically the same affirmation mother does also.

– I have no more cats. All my cats are gone.

And we keep telling her that she has her three cats and that they are just hiding or sleeping somewhere. But she still goes in and out of the house, going upstairs, in the basement, in the garden, repeating the same gesture dozens of time per day.

When mother was brought to the Hospital for her mental evaluation 4 years ago, it became a period of high tension in the whole brother and sisterhood. My brother Hébert, who had been living with her most of his life, had decided to throw away lots of stuff in the house complaining about the fact that there was an epidemic of vermin and flees. So he threw every pieces of furniture of mom’s bedroom and living room, even carpets. And of course we believed him. Father mentioned to me later on that as brother Hébert was cleaning up things, he found out a dead baby cat mummified in a pile of clothes mother had just left there and was used as cats bed. When father was telling that story he seemed to be telling me that this did not made sense and that mother was going crazy with her cats, like how could she have left a dead stinky baby cat there? Well, at some points, there was more than 12 cats in the house and many of the females were pregnant in the summer of 2011. The smell of ammonia and cats excrement was floating in the air of the whole house. Especially upstairs. We discovered later on that the room i have been sleeping in when visiting had dried cat’s poo  hidden under the furniture, not to talk about all the piss that must have also been drying there for decades. No wonder why i became intolerant to this smell now.  I went there in July of that year 2011 in order to meet with Joe and do some cleaning of the house after the  »emptying »  Hébert had done. The girls would clean the whole mess up, of course. That is what women i there for, cleaning after men… But the plan changed because mom arrived in a taxi directly from my Uncle’s city where Luis and Joe had placed her in May 2011 to live with Uncle Clincey after mom was out of the hospital. This was like a choc for the two of us, me and Joe, since this was the last thing we were expecting. I can just imagine the state my mother was in. Crazy mom who paid her drive 250$ to free herself from a situation she was not comfortable with. Not bad a decision for someone with Alzheimer. Overall, that summer was a very difficult one. Hard to recall those painful memories. Many thing happened that i will write in some other Blog entries later on.

So, like i was saying, i had hope that mother was going to be able to travel up to Villamarie then to Bytown, but i was just giving myself some illusions. When talking on Skype with mother last week and asking her how she felt about the possibility of coming to Bytown, she did not really say no, but was worried about the animals. In fact, what i saw was a woman with not much reactions and not being able to focus on the screen. This was my last hope. Then Joe, in one of the last face-talked we had, said that mother was probably not going to travel because it would disrupt her routine and environment and she would possibly become worried and stressed. So instead, i am the one who will be travelling to sit her but for less days that was first planned. I will go next week for 4 days.

A false promise of freedom to mother who used to love to drive along the roads from one village to the other.