Une rentrée spéciale

IMG_5844En ce jour du 5 septembre 2017, c’est l’envolée 2017-2018. La rentrée officielle au travail avec les étudiants et les classes et les plans de cours et la folle effervescence des premières rencontres.

Depuis 17 ans, je travaille dans un collège communautaire francophone en Ontario. Une communauté francophone en contexte minoritaire qui lutte pour garder la langue, augmenter le nombre de parlants français à long terme. Je fais partie de plusieurs centaines de membres du personnel scolaire des collèges d’arts et de technologies appliqués qui stressent particulièrement quand vient le temps de lancer la nouvelle année scolaire. Or cette année, tout le personnel scolaire est en mode renégociation de la convention collective. Un stress supplémentaire, finalement.

Ce qui donne un air spécial à cette rentrée, c’est la possibilité d’une grève des professeurs. Un vote aura lieu ce mois-ci pour vérifier l’intérêt de l’offre patronale versus celle de la grève pour des revendications des employés qui n’ont pas été retenues dans l’offre patronale. Je me questionne sur l’intérêt d’offrir davantage d’argent en comparaison à celui de ne pas être libre de décider de la technologie que je peux et veux utiliser, de la liberté académique, de travailler avec davantage de personnel scolaire engagé comme contratuel à statut précaire. Bien sûr, il existe d’autres propositions dans les négociations en cours, mais rien que je puisse divulguer ici. Bref, le stress d’une rentrée avec la menace d’une épée de Damoclès au-dessus de la tête annonce une session difficile. J’ai appris, quelques jours après le retour au travail en août, qu’une collègue permanente avait été mise à pied parce que son programme avait été fermé au cours de l’été. Outre certains conflits avec les étudiants pour les travaux mal complétés et les trop nombreuses absences et le matériel pédagogique non acheté même après 3 semaines après le début des cours, il faut faire face au  »chantage » d’un employeur qui vise à donner moins de liberté et plus d’argent, à couper des postes plutôt que d’augmenter la dotation pour des professeurs à temps plein. Il me semble qu’un jugement sain vise l’augmentation d’un meilleur encadrement pour les étudiants afin d’assurer la réussite scolaire à un plus grand nombre, non? Je suis dans le champs? Dans le rêve? Je crois malheureusement, qu’une majorité d’enseignants permanents votera simplement pour l’augmentation proposée selon l’offre actuelle de l’employeur. Peut-être pour s’assurer d’un emploi pour les prochains quatre ans, un sursis pour retarder la catastrophe dans un autre quatre ans.

Je me questionne aussi sur les raisons qui conduisent un employeur à ne pas respecter les besoins de ses employés, notamment en enseignement postsecondaire, puisque les étudiants qui fréquentent ces campus sont les premiers à subir les impacts de ces décisions.

Avez-vous déjà participé à une grève? Quels sont vos meilleurs stratégies pour passer à travers cette menace?

 

 

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