Lettre à mon père

Aujourd’hui, papa est mort. Mort et installé au crématorium, mais toujours pleuré par ses enfants.

Tu as été pour moi un père protecteur à ta manière, un père silencieux qui aimait se raconter si je lui posais les bonnes questions, un homme simple, bon enfant, vaillant, loin de la tyrannie de pères de ces pays étrangers qui vivent pour protéger, sauvegarder l’honneur de la famille et qui tuent sans hésitation leurs femmes, leurs filles.

Je ne t’aurai jamais touché plus que lorsque tu étais sur ton lit de mort. Pour une fois, je savais que ta main ne toucherait pas, par inadvertance, une partie intime de mon corps. Tu fais partie de cette génération de ‘mononcle’ aux mains baladeuses qui profite de toutes les échancrures pour y glisser un doigt, une main, du moins c’est ma perception. Celle de mon corps de femme aujourd’hui, mais celui d’enfant autrefois qui se lie à celui de ma mère, à sa défense, aux scènes de vies quotidiennes où tu apparais dans nos vies, à l’occasion de tes retours de séjours dans les camps. Des scènes de cris de haine, de violence à travers les disputes; une claque, un mot, un poing sur la table, un trou dans un mur, chaque geste aussi regrettable qu’il soit, toujours parti trop vite pour atteindre une conjointe, quelqu’un ou quelque chose de près pour signaler la colère et provoquer les révoltes et les souffrances profondes chez l’autre. Si l’honneur était présente, c’était celle qui te collait à la peau, toi, l’homme en besoin de vie charnelle.  Ces mémoires douloureuses d’une époque malheureuse où tu devais te sentir tout aussi désespéré dans ton être que tu noyais dans l’alcool, sont aujourd’hui diluées par le temps et la vieillesse. Cette vieillesse, apaisée par la sobriété et nourrie de ta présence plus régulière auprès de tes enfants, tes petits-enfants, tout en étant éloignée de celle avec qui tu les auras conçus, est maintenant couchée de tout son long sur un lit d’hôpital. Toute blanche, comme les draps, ta jaquette, tes cheveux, ta peau où le sang s’est arrêté de circuler.

Nous étions présents, presque tous là, cinq enfants sur six. Les enfants officiels du moins. Car il est possible que tu ais eu des enfants avec d’autres femmes du village ou des villages des alentours. Rien n’a été déclaré en ce sens jusqu’à maintenant. Toi non plus tu n’avais rien officialisé à ce sujet. J’ai appris que c’est une procédure légale mise en place lors des décès de personnes afin de voir si un autre testament existe, si d’autres familles cachées dans un autre ville ou village ont pu être créées à l’insu de la famille officielle. Personne ne veut parler ouvertement de ces enfants fabriqués dans les lits d’autres femmes, les amantes en panne d’amour, les cœurs esseulés et peut-être abandonnés par la trahison d’une épouse, d’un mari parti en voir une autre. Comment peut-on vivre avec ces secrets? Toi seul le sauras, car tu ne l’auras confié à personne. Et nous, nous attendons la fin de la recherche officielle.

Quand le médecin nous a informé qu’il serait préférable de t’enlever l’oxygène, personne autour de moi, moi incluse, ne semblait comprendre exactement ce que cela voulait dire. Dans ma tête, c’était impossible que mon père nous quitte, lui si grand, si fort et à la fois si silencieux. Les propos du médecin tournaient dans ma tête et engourdissaient mon corps, ces mots savants insensés, sans conclusion sur le mal qui t’habitait. Tu ne pouvais pas mourir puisque tu n’avais pas de maladie, pas de virus ni même un rhume. Ce sera la vieillesse qui aura eu raison de ton corps, de ton souffle, des battements de ton cœur. Nous t’avons accompagné vers la mort, accrochés à ta respiration, aux machines dont les chiffres ont commencé à baisser et à sonner irrégulièrement, puis comme toi, à s’éteindre dans l’éclat de nos larmes exprimant notre douleur.

Tu es le dernier de ta fratrie à quitter le monde des vivants. Ta sœur Alice, partie d’un mal similaire au tien, a quitté un peu plus tôt cette même année. Elle avait 95 ans. Vos départs soulignent la fin d’une génération de personnes ayant connu la vie sans moteur, sans auto, sans voiture électrique, sans télévision, sans Internet, sans robot, sans téléphone fixe à la maison, sans la pilule anticonceptionnelle, sans l’avortement légal, sans l’école obligatoire jusqu’à 16 ans mais les écoles de rang pour le primaire. Ces dernières années, lors de nos rencontres père-fille, tu soulignais l’envol vers l’Au-delà de tes amis du village, de tes beaux-frères, et tentais tant bien que mal de m’expliquer la solitude, le vide que ces adieux forcés créaient autour de toi. Tu sentais s’élever une clôture invisible qui t’isolait des autres vivants alors que tu aurais aimé partir avec tes amis sur le chemin de la mort. La vie n’avait plus de goût, mais tu devais attendre la venue naturelle de la grande faucheuse.

Tu auras mordu dans la vie, couru les bois, connu les différentes essences des arbres et appris les meilleures techniques pour les couper selon leur grosseur et leur hauteur. Tu auras couru le petit gibier et les gros. Les lièvres et les femmes. Elles, tu les aimais toutes, mais n’avais malheureusement de respect pour aucune. Du moins, c’est ce qui me semblait. Aucune sauf peut-être pour celle qui t’aura accueilli dans son foyer, son noyau familial, pour la dernière décennie de ta vie, la cadette de tes enfants.

 

Photographie à la une
Camp de bûcherons à Ferry Bank, Oromocto, N.-B.
Vers 1897, 19e siècle
21.1 x 27.2 cm
Don de George I. Higgins Estate
1964.147L
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick

Petites bêtes pas si bêtes

filho aut2017Comme  moi, vous êtes propriétaire de chiens et autres animaux domestiques? Alors vous connaissez comment le bonheur de recevoir une petite bête de poils, le plus souvent en bas âge, comme membre à part entière de la famille, oblitère les autres défis qu’elle sous-tend. Dans mon cas, j’avais jusqu’à il y a deux mois, deux chiens, Missy et Filho, jusqu’au départ de ce dernier en mi-août 2018, et trois cockatiels, Tèti, Peeshee et Coka. Le départ de Filho, aussi appelé The Buddha Dog, (voir aussi Buddha dog 2) a créé bien des remous et j’ai décidé d’écrire ce billet en sa mémoire.

La présence bénéfique d’un animal domestique

Le bien-être qu’apporte une petite boule de poil pour sa famille humaine est extrêmement important. Outre l’apport de l’exercice physique lors des sorties quotidiennes dont elle a besoin pour se développer sainement, l’amour inconditionnel qu’elle donne en nous accueillant chaque jour au retour du travail et les éclats de rire qu’elle entraine lorsqu’elle joue, elle offre également la protection des voleurs (dans mon cas, Filho était le surveillant absolue) lorsqu’elle aboie la nuit pour signaler une présence dans la cours arrière ou devant la maison. Lors des sorties extérieures, la socialisation de l’animal a aussi des bénéfices sur la socialisation de la maîtresse qui entre en contact avec de nouvelles personnes ayant des chiens ou celles voulant profiter d’un chien à caresser le temps d’une minute parce qu’on le trouve mignon et adorable. La bête amie permet, par ailleurs, aux personnes vivant avec différentes complications de santé physique ou mentale de mieux canaliser leurs émotions et de se sentir accompagnées lors de moments plus difficiles. Bien entrainée et certifiée, elle peut même aller jusqu’à sauver la vie de sa maitresse en appuyant sur un bouton d’alarme. Les règlements de certification sont différentes selon les provinces canadiennes, alors il faut s’informer correctement auprès des services concernés.

Les défis
Les défis rencontrés avec la présence d’une animal se présentent sous différentes formes. Parmi les plus importants rencontrés nous retrouvons les responsabilités touchant aussi l’éducation et l’entretien de la maison, les soins à donner aux animaux ainsi que l’alimentation.  Avoir un animal domestique exige beaucoup de temps et d’argent.
Je nomme ici l’entretien supplémentaire dans la maison causé par les poils ou les plumes lors des deux mues saisonnière, l’apprentissage à être propre et à demander la porte pour les besoins excrémenteux, les vomissures à l’occasion, les salissures des murs et des planchers au retour d’une marche sous la pluie, dans la boue et les feuilles mortes des automnes canadiens.  J’allais oublier l’irritation de voir ses chaussures préférées détruites et les bas de murs ou de meubles rongés par l’ennui, sans parler des divans déchirés, signe d’un manque d’exercice ou d’une anxiété de séparation. Si pitou et minou aiment dormir sur les sofas, alors le nettoyage des meubles s’ajoutent en dépense d’énergie!

Les coûts engendrés lorsqu’on décide de prendre un animal domestique ne sont pas à sous-estimer non plus. Les visites annuelles chez le vétérinaire pour les vaccins, les tests sanguins pour la désormais locale maladie de Lyme, les vers du cœur, les médicaments annuels contre ces maladies et les urgences sont obligatoires et créent des coûts importants qu’il ne faut pas négliger.
Dans le cas de mon chien Filho, outre les autres dépenses annuelles habituelles (en moyenne 350$ par année), trois autres visites chez le vétérinaire (nouveau vétérinaire francophone pour mes animaux depuis 2018 – avant j’allais à l’hôpital pour animal sur Saint-Laurent à Ottawa avec un service en anglais) logeant sur le boulevard de la Montagne à Hull m’en a couté 300$ avec les médicaments. Deux visites d’urgence initiale  à la clinique vétérinaire d’Alta Vista à Ottawa m’ont couté 3000$.  Ce dernier montant résulte d’ailleurs d’une négociation des services, tests et médications qu’on voulait donner au chien sans savoir vraiment ce qu’il avait. Dans les deux cas de services vétérinaires, l’assistant vétérinaire m’a demandé de raconter les raisons de ma visite, histoire que j’ai ensuite répétée aux vétérinaires car ils m’ont demandé de raconter les symptômes de mon chien sans pourtant faire son examen physique complet. C’est ainsi que l’occasion de voir que le chien avait subi une morsure profonde sur l’épaule et dans l’œil gauche par un autre chien a été ratée. La blessure a été découverte à la 4e visite seulement et c’est parce que je croyais qu’il développait une autre plaie de type dermatite que l’attention a été portée sur cette blessure. Bref, mon chien Filho est parti un dimanche après-midi en mi-août. Son coeur a arrêté de battre sous ma main. Mon amie K. et moi l’avons accompagné dans son dernier souffle, son dernier voyage terrestre. Aucun des deux centres vétérinaires n’ont fait de suivi avec la santé de mon chien. Tous les résultats de  tests complétés sont revenus négatifs. Dans les deux cas, comme propriétaire de chiens, je ne suis pas satisfaite des services reçus pour le prix payé et je devrai me chercher un nouveau vétérinaire pour 2019. Il va sans dire que les vétérinaires offrent des services qui varient, alors il est valable de magasiner un bon vétérinaire en qui vous aurez confiance, avec qui vous vous sentirez à l’aise de discuter ouvertement et où les prix seront non exorbitants.

Pour vous donner une idée supplémentaire du système vétérinaire canadien, voici les frais indiqués par différents appels placés suite au décès de mon chien. Dans ma recherche d’un lieu de crémation pour le corps de mon chien, j’ai contacté un autre hôpital d’urgence pour animaux, le Animal Emergency and specialty hostipal  qui me chargeait 500$. Une tentative de parler avec le vétérinaire francophone a échoué, le message que j’ai laissé a été peine perdue. Il m’avait parlé initialement de 350$ comme frais de crémation et transport. J’ai finalement trouvé la SPCA de Gatineau où j’ai pu recevoir d’excellents services pour une crémation à moins de 100$ en transportant moi-même le corps de mon chien et où les frais de crémation dépendent du poids de l’animal.

Un autre frais important à considérer c’est la qualité de la nourriture et les à-cotés, gâteries, jouets, etc. La grosseur de la bête vous donnera un indice de la grosseur du sac à vous procurer chez les spécialistes de l’alimentation des animaux domestiques. Ce créneau permet un chiffre d’affaires alléchant puisque, selon Statistique Canada lors de l’enquête sur les dépenses des ménages de 2015, un ménage canadien dépense pour chaque animal une moyenne de 590$ et qu’il existe 8,8 millions de chats et 7,6 millions de chiens dans les foyers canadiens (ACMV, 2018). L’alimentation maison peut être envisagée si vous êtes un bon nutritionniste et savez assurer une alimentation équilibrée pour vos bêtes.

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Le départ précipité

En temps normal, l’animal domestique vivra, on l’espère, le plus longtemps possible tout en s’imaginant mal la vraie fin. Celle-ci peut nous conduire chez le vétérinaire pour une dernière intervention (euthanasie) limitant la souffrance de notre ami malade ou arrivée par accident. Plus l’animal est gros, plus l’espérance de vie est courte. Pour Filho, je me disais qu’il partirait vers l’âge de 11 ans puisqu’il était de grand taille. Missy, de taille moyenne, partira vers 14 ou 15 ans si tout va bien. Mes cockatiels, quant à eux, peuvent vivre juqu’à 40 ans si l’on s’occupe bien d’eux, mais en moyenne 25 ans semblent plus probable.
Dans la réalité, la mort frappe souvent de bien différente façon et lorsqu’elle cogne, elle n’attend pas que vous lui ouvriez la porte : elle précipite le départ d’un animal de manière fulgurante. Quelque soit la grosseur de votre compagnon, la mort laisse pourtant toujours le même vide une fois l’animal parti au paradis des animaux. Le deuil est aussi important dans ce cas et il faut respecter les étapes nécessaires qui aideront à libérer les émotions humaines. D’abord la négation – (je refuse de croire que c’est vrai) puis les émotions : colère, tristesse, incompréhension, ennui, culpabilité. Une fois celles-ci libérées, vient l’étape d’acceptation où graduellement durant les semaines qui suivent, selon son rythme, on accepte le départ et le vide. Dans ma petite histoire du deuil de mon chien, je dois désormais vivre avec un oiseau qui a appris à le nommer. En effet, durant la période où mon chien était malade, mon cockatiel mâle a appris à dire  »Filho ». Depuis, même si Filho est parti, le cockatiel continue de l’appeler par son nom. C’est plus difficile ainsi de l’oublier, mais tout un exploit de lui avoir enseigner un nouveau mot si vite. Enfin, la dernière étape elle celle qui nous mène à penser à adopter un nouveau compagnon à quatre pattes ou à se concentrer sur ceux qui restent dans mon cas.

J’ai eu Filho pendant 8 ans et demi. Il est arrivé chez moi un jour après Noël 2009 alors qu’il s’appelait Scooter; j’ai agi comme foyer d’accueil pour lui les premiers jours parce que comme chien reçu en cadeau à Noël, les propriétaires n’ont pas su quoi faire avec et sont allés le déposer dans un refuge par où je m’adonnais à passer pour y laisser mon chien quelques jours en gardiennage. Une semaine plus tard, je savais qu’il resterait parmi nous et qu’il avait trouver son foyer jusqu’à la fin de sa vie. Vers l’âge de trois mois, j’ai changé son nom pour Filho parce qu’il aimait voler les steaks sur le comptoir et vider la boite de recyclage sur le tapis de la cuisine. Un Filou! que je me disais. Nous avons vécu de belles histories ensemble. Il a eu une bonne vie avec moi et Missy, sa grande sœur. Il va nous manquer. Amen.

 

Il était une fois Buda, la montagne Rose, et Pest, sa vallée maison

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Statut de la liberté version hongroise

Lorsque j’étais à Kraków, j’ai rêvé que je m’étais acheté une maison extraordinaire que j’admirais chaque fois que je passais devant. Je voyais cette maison se transformer sous les mains de maître d’un couple dont le mari était le roi. Puis un jour, ce dernier disparu. Son épouse n’ayant aucune idée où il avait pu aller, et fatiguée d’entretenir seule sa maison devenue trop grande pour elle seule, décida de la mettre en vente. C’est à ce moment que j’ai négocié un bon prix et que j’en suis devenue la propriétaire. L’achat s’est fait sans difficulté.

Alors que je visitais les lieux, mes nombreux amis et étudiants (inclus dans mon rêve ) envahissaient l’arrière cour faite de montagnes rocheuses immenses et roses comme le marbre. Tout à coup, un géant est sorti pour nous avertir d’arrêter de faire du bruit, car si nous réveillions son ami, le plus méchant et le gardien des richesses de la montagne, il pouvait nous anéantir de son petit doigt et ne pouvait garantir de notre vie. Sur ces mots, l’autre géant se réveilla et demanda à son frère avec qui il discutait ainsi. Il tenta de sortir de son trou, mais il était trop gros et le trou ne suffisait plus pour laisser passer ses larges épaules. Cependant, ayant été averti et ayant vu le géant, j’en convint de rappeler mes visiteurs et de les ramener à la maison. Tout le monde s’est mis à descendre la montagne, traversa le ruisseau et entra dans la maison de briques/roches roses, tout en bas.

Durant l’aménagement de mon nouvelle environnement, je remarquai que certains objets se déplaçaient seuls en se retrouvant dans une pièce où je ne l’avais pas placé. Certains de mes convives m’en faisaient d’ailleurs la remarque. Un jour que j’étais à l’extérieur dans les immenses jardins entre la montagne et la maison, j’entendis des bruits sourds de briques et pièces de béton qui se décollaient du bas de la maison. Intrigués, les enfants et les moins jeunes sont allés voir ce dont il s’agissait et trouvèrent des mini objets de la maison, dont une tête coupée miniature, des tasses de thé pour enfants, cachés dans les entrailles de la fondation ainsi que des billets en papier blanc pliés, livrant des messages, des indices où pouvait se trouver le mari qui avait disparu.

Je decidai d’employer un constructeur maçon pour replacer les pierres tombées. Justement, la maison voisine en construction engageait un maçon. Celui m’informa qu’il était celui qui avait effectué les travaux sur cette maison et qu’il pouvait me faire un bon prix pour les réparations, car son travail était garanti et s’étonnait d’ailleurs que les pierres aient glissé ainsi. Il m’informa que je devais voir cette incidence comme une porte qui s’ouvre et qu’il me restait à en comprendre le sens.

Et puis je me suis réveillée. Entre deux sommeils, je me disais que c’est tout de même bizarre que des pierres glissent toutes seules et que la fondation cache des messages… Je devais suivre l’incidence pour trouver la résolution du rêve.

La suite du rêve se développa au retour dans les bras de Morphée. Cette fois-ci, je me  retrouvais encore dans la maison mais sous forme de grand navire fantôme. Personne sur le quai, qu’un plancher qui craque, tordu par le mouvement de la vie. Ce bruit m’amena à porter plus attention au plancher et à ses noeuds. C’est alors que je vis des racines séchées dessinées en forme de doigts qui se croisaient les unes vers les autres. À ce moment, je compris qu’en surface les doigts semblaient morts, mais que sous cette surface, la vie attendait d’être libérée. Comme si un mauvais sort avait été jeté au mari disparu, celui ci devait rester cacher et jouer éternellement une mélodie sur un clavecin pour garder les gens vivants sous le plancher et devenait, malgré lui, un geôlier obligé de maintenir sa tâche pour ne pas tuer ces gens. Tel un jeu, je repérai où il se trouvait dans la maison et puis sans bruit, me suis retrouvée derrière lui sans qu’il s’en rendre compte. L’ojectif était d’ailleurs que le sort soit brisé sans qu’il se rendre compte que quelqu’un était en train de le délivrer. Quand il se rendit compte que j’étais là, il me dit, bravo tu as réussi. « C’est enfin fini ».

En levant ses doigts du clavecin, les doigts racines se mirent à bouger et les planches à s’écarter pour laisser s’envoler de nombreuses personnes habillée de manière très colorée. La vie se libérait.

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Maintenant, le lien que je fais entre ce rêve et ma visite à Budapest est que la ville est justement construite d’une montagne, ville de Buda d’un côté, et de vallée (Pest) de l’autre. En faisant le tour de la ville avec le Big Bus hop on hop off, j’ai entendu cette histoire et j’ai compris le sens de mon rêve en l’entendant. L’histoire raconte que les dirigeants et notables habitaient les montagnes de Buda où a été érigé le palais royal au 15e siècle et lorsque ceux-ci traversaient vers Pest pour différentes raisons, dont une reliée à l’enterrements du père du comte Széchenyi, ce dernier s’y senti isolé par les turbulences saisonnières du Danube qui empêchaient de pouvoir effectuer les traversées de Pest vers Buda. C’est ce qui mena le comte Széchenyi à planifier la construction d’un premier pont.

Mon séjour à Budapest s’est complété hier en prenant le train vers Prague. En quittant le quai, j’ai ressenti un serrement au cœur, je me sentais comme la princesse quittant son prince, une longue séparation après de courtes retrouvailles.

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Adieu princesse

Budapest, un conte de fée de mes ancêtres à l’époque Médiévale!

Kraków

Trois jours à Cracovie

Jour 1

La grande confusion des voyages… Raynair, mon premier vol avec cette compagnie m’en a fait voir de toutes les couleurs. Avec un retard de deux heures et trente minutes d’attente supplémentaire sur la piste, plus le temps allait, plus je me disais que j’allais avoir des problèmes à l’arrivée en Pologne.

En effet, la réceptionniste avec qui j’ai échangé pour la réservation m’avait indiqué que leur comptoir fermait à minuit. Mais j’avais encore un brin d’espoir, car j’avais demandé d’arranger un taxi pour venir me chercher à l’aéroport.

Après un atterrissage qui m’a fait littéralement perdre mes lunettes sous le siège de la banquette avant, ma tablette indiquait minuit deux.

Après la cueillette de mon bagage une demi-heure plus tard, je sors de la zone vers rien à déclarer et je vois une jeune fille blonde, 18 and peut-être, avec mon nom sur un carton! Je vais vers elle, elle se présente en anglais, et je crois naïvement qu’il s’agit de quelqu’un de l´hotel’s70 où j’ai loué, deux nuits, un appartement.

Jour 1

En cours de route, je m’en rends bien compte qu’il s’agit de la chauffeuse de taxi, en équipe avec son père, qui me sauve de ma mauvaise aventure. En route on sympathise. Elle me raconte qu’elle veut devenir pilote et est en train de se former comme ingénieure en aviation, 5 ans, 7 peut-être d’étude. Dans ma tête, je me la représente surtout comme mon ange de Cracovie.

Nous arrivons enfin à l’hostel’s70 pour confirmer que la réception est bien fermée. Je règle la course, 20 €. La jeune chauffeuse de taxi croyait pourtant elle aussi que quelqu’un aurait attendu pour m’ouvrir la porte. Elle me demande quel est mon plan B.

-Un autre hôtel?

Elle me conduit au ParkInn, où j’ai payé un bon lit pour me tirer de cette mauvaise histoire et dormir.

Déplacement vers le fameux hostel’s70, j’apprends que l’adresse a changé et que les indications sur Google maps me conduise à une adresse où ne loge pas mon hôtel. Un échange avec une personne en anglais m’apprend que l’hotel est situé de l’autre côté sur l’autre rue.

J’y arrive, frustrée en surface pour leur apprendre à changer cette mauvaise habitude de fermer la porte aux clients qui arrivent après minuit.

Je vois la chambre appartement, absolument rien de pareil à ce que j’ai vu sur la photo, c’est moche, mais la salle de bain est neuve, propre et il y a un séchoir. Je ne l’utilise pas, mais j’ai lu quelque part que c’est la nouvelle tendance en Pologne et je  décide de ne pas faire de chichi. Une nuit pour dormir à pas cher et une autre réservation que je ferai pour la nuit suivante. J’ai décidé de rester pour aller visiter le musée d’Auschwit et Birkenau de l’immonde génocide de 1939-1945. J’irai prier sur les cendres des ancêtres.

Je passe l’après-midi à visiter la vieille ville.e1493eae-a8ae-4db0-96bd-b4aaac22a679.jpeg

En fin d’apres, j’ai décidé d’aller repérer la gare. Sur place, je profite du moment pour questionner le fonctionnement de ma fameuse passe Eurorail qui m’a coûté cher. On m’informe que je dois réserver mes sièges si je veux être assise, sinon, je devrai voyager debout. Je fais donc la file pour mes réservations. J’apprends que pour me rendre à Cluj-Napoca, en Roumanie, il me faudra bcp de déplacement même si c’est de Varsovie. Il ne se trouve aucune place assise pour me rendre à Varsovie, d’ailleurs. J’opte donc pour deux réservations en voyage de nuit : Budapest et Prague. On verra pour la suite.

Jour 3

Visite d’Auschwit-Birkenau – un tour avec SeeKraków.

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Je me lève tard et je transporte mes bagages à la Résidence Kraków, un excellent choix à un excellent prix. Avoir trouvé cet hôtel avant, j’y aurais séjournée pour mes trois jours.

Puis, vers 13 h, je me dirige à l’endroit désigné pour recueillir les touristes en route vers Ocevitw, l’ancien village de Pologne dont la population a été déportée par les Allemands, et ceux qui refusaient, emprisonnés; un parcours de 90 minutes pour s’y rendre. Une visite de 5 h.

Un site qui bouleverse bien sûr.

Retour après beaucoup de marche et 3 h de bus aller-retour. Je retourne à l’hôtel vers 9 h 30 le soir.

Jour 4

Depart vers Budapest en train ce soir. J’ai envoyé des colis par la poste pour alléger mes bagages.

Je suis fatiguée, mon corps souffre de marcher beaucoup chaque jour, mais qu’à cela ne tienne, je me rendrai à la gare en faisant un arrêt à la House of Beer pour me rafraîchir, manger, écrire mon blog.

Mon train décolle ce soir, 22 h 30 environ. Je rêve à Budapest et à ses Thermes qui me feront du bien! Deux jours de repos!

bon voyage !

Lettre à mes étudiants

Chères étudiantes, chers étudiants,

Je vous enseigne au collège francophone à Ottawa depuis le 2 septembre 2000, soit bientôt 18 années complètes avec la fin de l’année scolaire qui approche. Cette année, les deux sessions ont été particulièrement éprouvantes pour vous, tout comme pour vos enseignants et enseignantes qui sont sortis en grève pendant cinq semaines, un record historique. Ce soi-disant record visait la renégociation de leur entente de convention collective entre employeurs-employés scolaires.

img_3768.jpgCertains d’entre vous êtes venus piqueter sous le soleil d’automne, pancarte à bout de bras pour supporter vos profs, vos études, votre réussite dans l’espoir de pouvoir entrer sur le marché du travail à temps selon vos plans.

Au retour des professeurs et professeures par un vote de grève forcé, vous étiez démotivés, frustrés, éprouvés par l’incertitude de votre réussite scolaire et de la montagne de travail qui vous attendait. L’atmosphère était lourde et ce sombre nuage opaque vous empêchait de voir votre première ligne d’arriver de fin d’année scolaire. Ceux des deuxième et troisième années, déjà plus endurcis par les épreuves de leur première année au postsecondaire, étaient aussi inquiets, mais déterminés à se rendre au bout de leur programme d’études.

Votre collège visait votre réussite en planifiant une session sur 14 semaines qui a remplacé celle de 15. Il a même raccourci celle de l’hiver à 13 semaines, sans relâche au milieu, pour aller plus vite puisque le début des classes de cette session d’hiver se présentait en fin janvier 2018. Il a même déployé une nouvelle directive exigeant à vos professeurs la préparation d’un examen de reprise pour tous ceux et celles ayant échouer à 10 % de la note minimale de réussite en fin de session de janvier. Vous étiez 800 environs à avoir saisi cette occasion en or. On ne dit pas combien ont réussi.

Il reste maintenant 3 semaines avant la fin de celle-ci. Je sais, vous êtes à bout de souffle, moi aussi. J’ai dû éliminer des activités d’écriture et d’exercices oraux de ma planification habituelle inscrite dans mon plan de cours pour satisfaire aux exigences. J’ai dû revoir mes examens pour éliminer le contenu que j’ai dû couper, bien que j’ai presque tout présenté le contenu selon le plan de cours original, juste insuffisamment de temps pour mieux vous pratiquer de votre côté. C’est ainsi parce que moi aussi je dois répondre aux exigences de mon employeur.

Parlons en justement des exigences d’employeurs.

Lorsque je vous regarde écrire, vous concentrer sur votre travail et vers votre avenir, je m’étonne toujours et sans relâche du peu d’intérêts que vous portez à la langue française et à sa valeur. Je me corrige, je m’étonne que vous vous en souciiez (oui, deux i consécutifs parce que c’est le présent du subjonctif) sans pourtant essayer de mieux la maitriser. Voilà. Vous n’aimez pas les cours de français. Pas seulement les miens, ou ceux offert par mon employeur; vous n’aimez aucun cours de français, que ce soit grammaire, style, littérature, rédaction administrative. Seulement le cours de français me semble avoir rencontré plus de succès. De plus, la révision officielle des cours pour les simplifier et les rendre plus faciles n’a rien pour vous stimuler; vous vous ennuyer et briller par votre absence, d’autant plus que les présences ne sont plus obligatoires ni prise en note. Mais comment réussir un cours si on est toujours absent?

J’entends comme argument, à travers le voile des oui-dire de couloirs et de réunions, entre professeurs et directeurs d’école, que c’est parce qu’on vous dit depuis trop longtemps que vous n’êtes pas bons ni bonnes en français, que vous êtes devenus paresseux et ne lisez plus avec l’avènement de la nouvelle technologie du cellulaire et de la googleisation de tout. Est-ce vrai? Seuls vous saurez y le répondre…

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Cette nouvelle technologie, maintenant bien intégrée dans mon enseignement, est-ce suffisant, est-ce trop de nouvelles méthodes pédagogiques?

Moi, je pense qu’une fois que vous serez sur le marché du travail, ceux et celles qui auront un meilleur français, donc règle générale une littératie élevée, seront la panacée des employeurs; les autres plafonneront en bas d’une tablette à 15 $ de l’heure pour classer des bouteilles, répondre au téléphone si leur compréhension du message livré en français est satisfaisante, ou iront livrer du courriel, si cela existe encore à ce moment-là. Mais encore, certains se rendront  compte de leur limite et décideront de se prendre en main et de suivre des cours en ligne ou en privé pour se délivrer de leur handicap d’analphabétisme fonctionnel ou non fonctionnel. À ceux-là et à celles-là qui lèveront leurs manches, se prendront en main et se résoudront à rebrancher leurs neurones et synapses pour régler leur problème avec la langue de Molière, je dis BRAVO et vous félicite de vous sortir la tête de sous le sable.

Selon le Conference Board du Canada (en passant, je rigole toujours de cette  mauvaise traduction… pas vous?), la littératie est ce qui influencera le bien-être économique et social de tous.

Un avenir éduqué c’est un avenir assuré? Il vous faut maintenant être bon partout, en mathématique pour votre budget, en technologie pour les robots qui s’en viennent et en français…

 

 

 

 

 

Des loups et des femmes

La terre est grande. Bon, ça dépend du point de vue; celui de la fourmi au travail ou du loup à la recherche de proies à dévorer, de la chauffeuse de camion lourd qui parcourt les Amériques tous les mois ou celui de l’astrophysicien qui scrute tous les recoins de l’Univers à l’aide de ses télescopes.

Néanmoins, selon les derniers chiffres du Bureau de recensement américain (6 mars, 2018), la petite planète bleue héberge près de 7 milliards 500 millions d’humains, mais à peu près l’équivalent de femmes (49,6%) et d’homme (50,4%) selon l’Organisation des Nations Unies (2017). Comme le genre masculin tend à mourir davantage à la naissance et à vivre moins vieux que les femmes, on peut considérer que la nature à créer une équité en nombre des deux genres cohabitant cette planète. Pourtant, les statistiques deviennent moins gaies quand on regarde du côté de l’éducation, de la violence, de l’abus et de l’économie.

Analphabétisme et éducation

Les statistiques sur la disparité des genres quant à l’éducation et à l’accès aux connaissances ne semblent guère réjouissantes. Selon l’UNESCO, il existe  774 millions d’adultes analphabètes dans le monde; 67% sont  des femmes. Et cette proportion est Lire la suite « Des loups et des femmes »

Le mythe de l’amour au temps des écrans

L’amour tel qu’on le connait au 21e siècle, c’est-à-dire l’amour romantique, a pour origine la renaissance et les troubadours qui chantaient leurs sentiments dans les places et les cour de châteaux et à la cour des rois. En ces temps-là, l’amour se trémoussait dans les buissons et les recoins de corridors des espaces royaux.

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Aujourd’hui, du bout de ses doigts et de ses nombreux écrans, on feuillette un catalogue de photos et de descriptions. Grâce à un algorithme savant, une pré-sélection d’un certain nombre de partenaires compatibles, prometteurs et prometteuses permet aux utilisateurs des Tinder, Elite ou Plenty of fish de rêver le temps de la recherche et des premiers échanges de courriels et de discussion dans un fil Facebook ou même LinkedIn.

Tout autre espace de recrutement dans le but de faire LA rencontre EXTRAordinaire qui bouleversera notre quotidien et générera les hormones de l’amour semble inexistant. Les rencontres de l’amour dans les bars ou les sorties au café ou fêtes entre amiEs ont dit adieu aux rencontres réelles et concrètes. Désormais, l’écran et l’image proposent les premières approches et l’on sait, apparemment, au bout de quelques minutes, que tel mot écrit ou erreur de la posture dans la photo signifie un rejet d’un amour potentiel. Pourquoi se priver de regarder l’ensemble du catalogue? Trouver la personne idéale demeure l’objectif final puisque ce sera celle avec qui l’on passera le reste de sa vie!

Pourtant, l’amour est un mythe qui  nous rentre dedans chaque fois qu’une séparation amoureuse a lieu, qu’un enfant voit son père quitter sa mère ou vice-versa, qu’on perd son animal favori ou qu’un membre de la famille ou un ami meurt pour traverser de l’autre côté du fleuve Styx. Il faut recommencer à chercher et ne pas perdre espoir de trouver cette âme jumelle ou sœur qui jonglera à nouveau avec le cœur, entre la réalité et l’illusoire.

Ainsi, « L’amour est enfant de bohème qui n’a jamais perdu l’espoir ».

La Callas l’a bien assez chanté (Carmen), l’amour est enfant de bohème, sans lois, rebelle dont il faut apprendre à se garder! Sur ce je vous laisser avec le lyric complet de cette sublime chanson à fredonner à votre amoureux et amoureuse de temps en temps pour lui rappeler que rien ne dure qui ne soit alimenté! Joyeuse Saint-Valentin!

Carmen

L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle
C’est lui qu’on vient de nous refuser

Rien n’y fait, menaces ou prières
L’un parle bien, l’autre se tait
Et c’est l’autre que je préfère
Il n’a rien dit mais il me plaît

L’amour, l’amour, l’amour, l’amour
L’amour est enfant de bohème
Il n’a jamais jamais connu de lois
Si tu ne m’aimes pas je t’aime
Si je t’aime prend garde à toi
Si tu ne m’aimes pas
Si tu ne m’aimes pas je t’aime
Mais si je t’aime, si je t’aime
Prends garde à toi

L’oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l’aile et s’envola
L’amour est loin, tu peux l’attendre
Tu ne l’attends plus, il est là

Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s’en va puis il revient
Tu crois le tenir, il t’évite
Tu crois l’éviter, il te tient

L’amour, l’amour, l’amour, l’amour
L’amour est enfant de bohème
Il n’a jamais jamais connu de lois
Si tu ne m’aimes pas je t’aime
Si je t’aime prend garde à toi
Si tu ne m’aimes pas
Si tu ne m’aimes pas je t’aime
Mais si je t’aime, si je t’aime
Prends garde à toi

Les si mangent les ‘rais

par ©Xavier St-Jean
étudiant en technologie de l’architecture, 2018
J’aurais aimé naitre dans la classe moyenne,

Mais je suis né avec moyennement d’classe,

J’aurais aimé être premier de classe…

Jamais deuxième toujours le chef jamais second…

Heum…

J’aurais aimé ne pas avoir un temps d’attention d’une demi seconde,

Du genre la terre appelé la lune on n’est pas Apollo 11,

Réveille-toi!

Wake up!

Dress-up!

«Boogie le cadran sonne…»

J’aurais aimé qu’on me laisse dans mon rêve où j’étais King Kong

Qu’on me laisse ajouter 5 belles minutes à ma petite somme,

Qu’on me laisse pouvoir coller un peu ma petite blonde,

J’aimerais avoir les poches pleines à craquer de destin,

J’aimerais pouvoir dire que j’ai les poches à moitié vides de chagrin,

J’aimerais avoir les pocket full, les pocket full of sunshine,

J’aimerais que mes poches respectent au moins la loi 101,

J’aimerais avoir le parler soigné,

Mais né chez les franglophones je n’ai pas un beau français,

Je parle en bon français.

Je n’ai pas de mal à m’exprimer mais j’ai du mal à expliquer,

J’aurais aimé ne pas prendre plaisir à me chicaner,

J’aurais aimé, si j’avais pu remettre les pendules à l’heure avant que le clocher sonne,

Mais ding dong, qui sonne? C’est le portier qui cogne.

Puis en fin de compte les si mangent les ‘rais donc…

Les si mangent les ‘rais donc…

 

J’aime crier,

J’aime bondir,

J’aime mentir,

J’aime pas vieillir,

J’aime courir pis laisse-moi donc le faire avec des ciseaux

Je vais jamais m’asseoir,

J’vais peut-être faire le mort,

Pis ça se peut que je rentre tard ce soir si j’pars avec une pille de 100$,

J’aime être le chef des enfants terribles,

Pis garde en tête que j’suis le petit criss en tête de lice selon sept jours,

J’vais continuer même après les rides,

Pis l’amour rend aveugle mais moi j’aime comme un sourd,

 

Mais j’aime,

J’aime pis les si mangent les ‘rais et c’est ça qui comptes.

Pour que les bottines suivent les babines

Le 16 novembre 2017 devient une journée historique dans l’histoire de l’éducation en Ontario pour les collèges d’art et de technologies appliquées. C’est avec une grande joie que le résultat du vote forcé par le Conseil des employeurs des collèges (CEC) de l’Ontario est sorti fort en la faveur du personnel scolaire : 95 % des professeurs des 24 collèges, les 12 000 employés, sortis pendant 25 jours (excluant les fins de semaine) sur le piquet de grève, ont voté à 86 % pour le rejet de l’offre des collèges émise par la voix du CEC.

Un message clair, fort, unis de la part du corps professoral des collèges de l’Ontario.

Maintenant, que doit-on comprendre de ce vote massif? Les professeurs ont-il rejeté l’offre de leur employeur parce que la liberté académique était non négociable?

À mon avis, plusieurs raisons ont pu motiver un vote si fort de leur part. Tout comme l’explique le Président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, «le comportement du CEC à sortir de la table de négociation et à refuser d’y retourner pendant plusieurs jours, voire refuser de tenir compte des demandes des professeurs depuis juillet, en était un d’intimidation. Tous les moyens sont bons pour nous faire taire.» Je n’ai aucune difficulté à approuver l’hypothèse de l’intimidation puisque j’ai personnellement vécu cette expérience provoquée par un vice-président à l’enseignement lors de ma deuxième année en enseignement au postsecondaire alors que j’étais encore en période de probation – une expérience difficile vous l’aurez compris.

Bien que j’ai parlé de cette situation au syndicat à cette époque et que ce dernier ait logé un grief syndical relatif au problème que je vivais, tout a finalement été étouffé une fois que la directrice m’eut confirmé l’obtention de mon poste permanent. Les pressions pour que je me taise étaient fortes, mais j’ai persévéré, je ne me suis pas tue et je continue de ne pas me taire, au contraire. Je résiste au bâillonnement et dénonce ces injustices créées par la bêtise humaine.

Nous imposer un vote après quatre semaines de grève alors que celui-ci aurait pu être réalisé dès le début de la session représente un indicateur important de la planification des négociations du CEC pour essouffler les professeurs puisqu’ils ne reçoivent pas de salaire durant le piquetage, à peine quelques centaines de dollars provenant d’un fond de grève de syndicat, alors qu’ils ont des factures à payer, une famille à soutenir, un engagement envers leurs étudiants. Ce vote a été refusé autant pour le protocole de retour au travail que pour le refus d’obtenir une liberté académique, du moins pour ma part.

Alors que le retour forcé a été enclenché et que les professeurs de collèges (CAAT) sont retournés depuis le 19 novembre dernier, on pourrait croire à la mise en berne de la liberté académique. Pour preuve, quatre courageuses collègues du programme Thérapie respiratoire ont été suspendues pour insubordination, alors qu’elles essayaient de respecter le contenu de leur programme et éviter de couper tant dans la pratique que dans la théorie. Les professeurs des 24 collèges de l’Ontario sont retournés au travail avec les mains liées et le «moral à terre» Tout ce temps passé à défendre les droits enseignants alors qu’une simple loi du Gouvenement Libéral de Wynne a forcé un retour pour bâillonner le personnel scolaire.

L’entente entre le patronal et le syndical via  l’arbitrage de Kaplan, s’est conclue par la signature d’une convention dès fin décembre 2017 avant le congé des fêtes et du Nouvel an. Le point où les enseignants ont obtenu gain de cause, selon les propos du SEFPO, réside dans le fait qu’il y ait enfin une directive claire (l’article 13 dans l’arrêt de Kaplan voir ci-dessous) et nette dans la convention à propos de la liberté académique alors qu’auparavant, chaque collège devait définir sa propre directive. Cette dernière brillait par son absence, du moins pour mon employeur.

Article 13
Article 13 of the Collective Agreement shall be amended with a new title: “Copyright
and Academic Freedom.” The following language shall be added after the existing
language in article 13.01:
13.02 Academic freedom is fundamental to the realization and preservation of the
Colleges’ commitment to academic excellence. The purpose of this article is to
define the rights and obligations related to academic freedom.
13.03 All members of the College community shall support and protect the
fundamental principle of academic freedom.
13.04 Every faculty member is able to exercise academic freedom in the performance of his/her duties. Academic freedom at the College includes the right to enquire about, investigate, pursue, teach and speak freely about academic issues without fear of impairment to position or other reprisal.
13.05 The exercise of academic freedom is subject to the following responsibilities:
(i) In exercising academic freedom, employees shall be responsible for
adhering to legal parameters (such as but not limited to The Human
Rights Code, Criminal Code of Canada, civil liability, collective agreement obligations), institutional regulations, Ministry Directives, 6 requirements of accrediting bodies, and program and curriculum requirements.
(ii) Academic freedom carries with it the duty to use that freedom in a
manner consistent with the scholarly obligation to base research and
teaching on an honest search for knowledge. In exercising such freedom,
faculty have a responsibility to respect the academic freedom and rights
of other members of the college community.
(iii) The College affirms that faculty shall be free to act and speak in their
capacity as public citizens provided they indicate they are speaking as
individuals and not acting as representatives of the College.

Maintenant que le semestre d’automne est terminé (26 janvier 2018) et que la même semaine celui d’hiver débutait (29 janvier 2018), ce dernier s’annonce éreintant : aucun repos entre les deux, une course à la correction et à entrer des notes dans le système de notation officielle, des reprises d’examens et désormais l’ajout d’un DR sur les plans de cours pour «droit de reprise» systématique pour tous les étudiants échouant leur cours entre 40 et 49 pour cent. Ce qui signifie que tous les étudiants ayant une telle note finale reprendront automatiquement un examen pour montrer qu’ils peuvent réussir. Ces reprises correspondent à 800 examens pour 800 échecs selon un chiffre non officiellement communiqué. Jusqu’où ira-t-on pour encourager les jeunes à aimer l’école, à les encourager à apprendre? Ce DR va-t-il révolutionner le succès des étudiants et l’obtention de leur diplôme? Ou va-t-il les encourager vers la loi du moindre effort en pensant que de toute façon, une autre chance est donnée en fin de session pour obtenir une note de passage?

Je ne suis pas contre l’idée de faire réussir en échange d’un travail supplémentaire, au contraire, mais si durant tout un semestre, un jeune ne se prend pas en main pour passer ses cours, est-ce qu’un droit de reprise lui lancera un appel à se réveiller d’entre les morts-vivants qui vivent en automates sur leur téléphone «intelligent»?

DRrouge

Ce droit de reprise désormais affiché sur tous les plans de cours du collège où j’enseigne, est passé comme du beurre dans la poêle. Sans discussion préalable avec le corps enseignant, et obligation pour ces derniers de préparer de nouveaux examens pour ceux et celles qui peinent à obtenir une note de passage de 50 %. Personne ne rouspète à voix haute, sauf dans les couloirs et les discussions fermées entre quelques collègues. La liberté académique me permettrait-elle de refuser ce droit de reprise systématisé?

Bref, ici, pour respecter l’Article 13 ci-haut nommé, je dois vous affirmer que je parle dans ce billet de blogue en tant que citoyenne libre et non au nom de mon employeur. Selon moi, la liberté académique implique une discussion préalable avec le corps enseignant responsable des examens avant d’imposer un DR sur un plan de cours. Sans cette discussion, il n’y a pas de liberté académique. Comme cette discussion n’a pas eu lieu, on peut en conclure que la directive de l’article 13 n’a pas le poids de ses mots et que les bottines ne suivent pas les babines.

 

 

 

Vivre seule

de Sara Toutane, 2018
étudiante en Technologie de l’Architercture
classe de français avec L. Proulx
Collège La Cité, Ottawa

Vivre seule

Vivre Loin

La chaleur de la famille

M’a créé un chagrin

À celles oubliées de nos pensées

Ces vers vous sont dédiés

À celles dont l’amour m’a coincé

Plus qu’une compagnie et une amitié

Le destin qui souvent me flatte

Aujourd’hui m’a mis à terre

Entre mes mains tes photos je matte

Et je me demande aujourd’hui mes larmes à Quoi ça sert ?

La grandeur d’une œuvre est son renom

La grandeur d’une femme est sa douceur

Je t’aime encore Énormément

Dans la joie et la douleur